Une augmentation de 8% des impôts locaux en période de crise économique
Lors du conseil municipal du 26 mars dernier, nous nous sommes prononcés contre l’augmentation de 8% des impôts locaux décidée par la majorité municipale. Nous savons que la crise économique et l’inacceptable désengagement de l’Etat mettent en difficulté les finances locales à Gentilly comme ailleurs. Ces contraintes extérieures ne doivent pourtant pas servir à dédouaner les élus locaux de leurs responsabilités.
Cette augmentation, la plus élevée de celles qui ont été adoptées par les villes de gauche du Val-de-Marne, traduit une fragilité et un manque de marge de manœuvre qui pose question sur la gestion des années passées. Un effort de transparence s’impose sur la vraie nature des difficultés financières de notre ville, sur les perspectives d’amélioration des services à la population et sur l’utilité sociale des dépenses. Sans diminution du nombre de logements sociaux, il faut aussi renforcer la mixité sociale dans tous les quartiers et en faire un élément essentiel des projets d’aménagement en cours et futurs. C’est une condition de la redynamisation de notre ville à tous les niveaux.
Une telle augmentation en période de récession économique est d’autant plus critiquable qu’elle ne s’accompagne d’aucune perspective nouvelle pour le développement de Gentilly. Il s’agit d’une simple mesure d’ajustement.
Enfin, nous avons refusé un budget dans lequel l’écologie reste le parent pauvre. Malgré notre insistance, la majorité municipale tarde à lancer un programme ambitieux en matière d’économie d’énergie dans les bâtiments communaux. Aucune étude thermique n’est encore rendue publique, aucune concertation sur le plan climat n’est engagée, aucune baisse de la dépense énergétique de la ville n’est prévue. À l’heure où la crise climatique menace, ce budget 2009 se caractérise par un manque flagrant de vision d’avenir et d’ambitions écologiques.
Les travaux à l’école Lamartine
Ce manque de vision d’avenir, nous l’avions également souligné à propos de l’ORU du Chaperon Vert. Le projet de travaux à l’école Lamartine en est une nouvelle illustration. Faute d’avoir mené une réflexion sérieuse sur l’accueil scolaire, la municipalité a décidé de regrouper l’ensemble des enfants du Plateau et du Chaperon Vert à l’école Lamartine. Ce choix va aboutir à la constitution d’un établissement de la taille d’un petit collège – 13 classes, donc environ 340 élèves – surdimensionné par rapport à toutes les autres écoles de la ville (entre 180 et 240 élèves). Moins de 6% des écoles françaises atteignent ce gabarit. Contrairement aux justifications avancées, aucune étude démographique n’a démontré une baisse prévisible du nombre d’enfants scolarisés dans ce secteur et il a fallu insister pour apprendre que l’arrivée de nouveaux habitants sur le terrain Lénine n’avait pas été prise en compte. Nous avons voté contre ce projet, élaboré dans la précipitation et qui n’est pas satisfaisant.
L’éloignement entre le domicile et l’école, la distance entre école primaire et école élémentaire, la suppression du bénéfice du classement en ZEP, la taille insuffisante de la cantine, l’accroissement de la circulation aux abords de l’école, autant de problèmes qui seront par ailleurs difficilement réglés.
Quant à la mixité sociale, elle doit être réalisée au niveau de l’habitat et non dans le cadre d’un projet mal conçu qui impose le regroupement d’un nombre trop important d’enfants dans un même établissement.
Voici le texte lu par Martine Guillaume, présidente du groupe PS-Verts-Citoyens lors du conseil municipal du 26 mars 2009. Avec quelques ajouts et commentaires en italiques.
Voir aussi la déclaration de Vincent Berville (Les Verts) : "Compte tenu du manque évident d’ambitions écologiques dans la politique municipale et dans le budget 2009 de Gentilly, les Verts on voté NON au budget prévisionnel 2009. [...]"
La majorité municipale invoque, avec quelques raisons, la crise économique et le désengagement de l'Etat. Mais elle met aussi en cause de manière extrêmement discutable la Communauté d’Agglomération du Val de Bièvre (CAVB).
- La crise économique et financière affecte les finances municipales d'au moins trois façons :
▪ Les dépenses sociales augmentent.
▪ Les collectivités locales bénéficiaient de la bulle immobilière, principalement par l'accroissement du produit de la taxation des transactions. Mais la manne, désormais, se tarit. Les transactions se font plus rares et les prix amorcent leur baisse.
▪ En 2008, le crédit plus difficile d'accès et plus cher a particulièrement gêné des villes endettées à taux variables : est-ce le cas à Gentilly dont 35% de la dette est à taux variable (contre 20% à Arcueil) ? (très vive réaction du maire adjoint aux finances lors du conseil municipal du 26 mars sur ce point : la gestion de la maturité de la dette est sans défaut à Gentilly, pas de crédits « toxiques » non plus, la mention du volet financier de la crise économique dans les documents de présentation du budget n'a pas de traduction directe à Gentilly, il faut s'en féliciter)
- Le désengagement de l'Etat se traduit par une revalorisation des dotations aux communes inférieure à celle de l'inflation qu'on eu à subir les dépenses municipales (de ce point de vue l'année 2009 devrait être toutefois plus favorable avec une inflation attendue en forte baisse).
Mais rien de tout cela n'est propre à Gentilly ! Comment font donc les autres villes de la CAVB qui n’augmentent pas autant les prélèvements obligatoires, ceux-ci restant même inchangés à Arcueil ou à Cachan ?
La direction municipale affirme alors que notre ville serait pénalisée par la CAVB, recevant moins qu'elle ne contribue.
Notons d'abord que ces décomptes à courte vue des flux financiers entrant et sortant n’ont pas toujours l’avantage d’être incontestables.
Ainsi entre 2002 et 2007 (données site du Ministère des Finances) l'assiette fiscale sur laquelle est prélevée la taxe professionnelle a augmenté de 6,2% dans la CAVB. Pour Gentilly la hausse a été de 5,7%. Gentilly a donc connu un dynamisme économique (dans la mesure où l'assiette de la taxe professionnelle mesure ce dynamisme) similaire à celui du reste de la CAVB. Les bases de TPU d'Arcueil et Cachan ont progressé de plus de 20%, générant des recettes fiscales dont elles n'ont pas bénéficié intégralement.
La majorité municipale met plutôt en avant le niveau et la progression des recettes de TPU (les bases fois les taux) et des dépenses effectués par la CAVB dans
les différentes communes. Concernant les recettes leur progression plus forte à Gentilly que dans la moyenne de la CAVB tient à la hausse des taux (les communes à taux de TP bas à la création de
la CAVB, ce qui est le cas de Gentilly et d'Arcueil, voient leurs taux converger vers un taux harmonisé plus élevé).
Lors du conseil municipal du 26 mars les chiffres que nous donnons sur la progression des assiettes de TPU ont été vivement contesté (pour notre part nous n'avons pas mis en cause les chiffres avancés par l'équipe municipal, nous prétendons seulement qu'ils ne donnent qu'une vision partielle, pour ne pas dire partiale, de la situation). Techniquement, il est possible que la divergence provienne de périodes de comparaisons différentes, le Ministère des Finances ne donne de chiffres que sur la période 2002-2007. Quoi qu'il en soit nous ne prétendons pas faire le bilan de la CAVB du point de vue de Gentilly avec ces calculs.
En effet, en rester à ce type de calcul, quel qu'en soit leur résultat, revient à refuser la logique de l'intercommunalité.
Dans la CAVB des ressources (taxe professionnelle unique) et des dépenses sont mutualisées pour favoriser une stabilité des ressources (notamment en cas de départ d'une grosse entreprise) et une meilleure efficacité des dépenses publiques.
Certes, la qualité des services rendus pourrait être améliorée, tandis qu’on assiste souvent à une simple juxtaposition des moyens des communes et de la CAVB.
Plutôt que de regarder dans le rétroviseur, et puisque personne n'envisage de remettre en cause l'appartenance de Gentilly à la CAVB, nous suggérons la question préalable suivante :
« Que voulons-nous construire ensemble et comment le faire au mieux ?»
Expliquer le recours à la hausse des impôts locaux est en fait impossible sans une analyse critique de la gestion municipale actuelle et passée.
L'examen des données budgétaires de Gentilly, comparées à celles des autres villes de la CAVB montre une nette détérioration de notre situation financière depuis 2000. A cette date Gentilly était relativement peu endettée surtout si sa dette était mis en rapport avec des recettes de fonctionnement élevées.
Aujourd'hui les indicateurs mesurant la capacité de la ville à rembourser ses dettes sont passés à l'orange, alors qu'ils se sont généralement améliorés dans les villes voisines. Ces dernières années Gentilly ne dégageait pratiquement plus d'autofinancement, qui permet d’investir autrement qu'en s'endettant.
Dans le budget prévisionnel (BP) de 2009 la capacité d'autofinancement brute reste faible (1,4 millions, moins de 5% des produits de fonctionnement totaux), sans la progression des impôts (+1,1 millions) elle serait trop faible pour, avec les autres ressources propres d'investissement (1,3 millions), couvrir l'annuité de la dette (capital+intérêt) ou même le remboursement du capital seul (2,2 millions), ce qui doit être le cas pour que le budget soit réglementaire (il l'est évidemment!). La CAF nette du remboursement en capital des emprunt sera largement négative, il manque pas loin de 800 000 euros pour sortir de la zone rouge (soit une hausse supplémentaire de 5 ou 6% des impôts! par exemple...).
Les recettes de fonctionnement progressent très peu en tendance, en particulier les produits des taxes d'habitation et foncières. Dans le BP 2009 les charges de fonctionnement "à caractère général" progressent notablement (+4,8%); évidemment en bonne partie pour des raisons valables (comme une troisième classe de découverte) mais aussi pour d'autres qui ne le sont pas (explosion du budget de chauffage de la Médiathèque, équipement pourtant quasi neuf) ...
Les charges de personnel progressent peu par rapport aux dépenses réalisées de 2008 (+0,8%) mais beaucoup plus par rapport au budget prévisionnel de 2008 (+5,3%).
Gentilly a baissé d'un tiers en 2003 un taux de taxe d'habitation déjà bas (deuxième plus faible du Val-de-Marne après Rungis), elle a à peu près maintenu son taux de taxe foncière (deuxième plus haut du Val-de-Marne après Ivry). Ces choix a priori favorables pour les contribuables n'étaient manifestement pas financés à moyen terme.
« Jusqu'où taxer les propriétaires » :
On notera que la taxe sur le foncier bâtit apporte au budget de Gentilly entre 5 et 6 fois plus que la taxe d'habitation (contre environ ¼ de plus en moyenne dans la CAVB).
On peut se demander si une limite n'a pas été atteinte pour la taxe foncière : environ 20% des Gentilléens sont propriétaires occupants de leur logement, et si leurs revenus sont en moyenne plus élevés que ceux des locataires des parc publics ou privés, pour certains, parfois lourdement endettés et souvent affectés par la crise, un accroissement d'une taxe déjà lourde ne sera pas indolore.
Il ne faut pas oublier non plus qu'à terme une part au moins de l'augmentation de la taxe foncière sera répercutée par les propriétaires bailleurs sur les locataires. L'augmentation de la taxe foncière n'épargnera pas les bailleurs sociaux (pour les logements de plus de 15 ans, c'est à dire la quasi totalité des logements sociaux à Gentilly).
L’environnement économique se dégradant, le recours à l’impôt a semblé à la direction municipale la seule solution pour équilibrer un budget de fonctionnement sur le fil du rasoir. L'impôt est devenu une variable d'ajustement.
Finalement dans notre commune, comme ailleurs, une hausse importante des impôts locaux ne devrait être envisagé qu’à certaines conditions :
- La transparence : la vérité doit être dite sur la situation financière, en reconnaissant les erreurs passées.
- Une utilité sociale des dépenses : les citoyens doivent être assurés que l'argent public est dépensé efficacement. Des investissements dans les économies d'énergie, à terme très rentables, sont-ils engagés ? Les équipements pour l'accueil de la petite enfance, la culture ou la pratique sportive sont-ils satisfaisants ? Les personnels anciennement affectés à des compétences transférées à la CAVB sont-ils redéployés pour une amélioration visible des services rendus à la population ?
- Des projets nouveaux et des perspectives cohérentes : quels sont les objectifs et les priorités ? Quels sont les moyens pour les atteindre ? Pour notre part nous considérons par exemple que la recherche d'une véritable mixité sociale, notamment dans l'habitat et dans tous les quartiers, est essentielle pour assurer un développement économique équilibré qui, profitant aux finances de la ville, garantira à tous les habitants un haut niveau de services publics.
- Surtout, ne pas intervenir au milieu de la pire crise économique depuis la seconde guerre mondiale !
Aujourd’hui le compte n'y est pas. Le projet de budget 2009 qui nous est présenté n’est pas satisfaisant.
Commentant sur ce blog les griefs de la municipalité vis-à-vis de la Communauté d’agglo, le chroniqueur avait osé un rapprochement entre Patrick Daudet, adjoint aux finances, et Margaret Tchatcher auteure du célèbre « I want my money back » à l'adresse de l'Union européenne (« Rendez-moi l’argent »). Mme la Maire nous a fait savoir qu'elle envisageait d'attaquer en justice l'impertinent ! Visiblement, toute critique de son action est considérée comme mensongère et diffamatoire par l’équipe municipale.
Peut-être que la lecture de publications comme le Canard enchaîné ou de Charlie Hebdo, ou le visionnage des Guignols de l'info permettrait de relativiser l'outrage ?
En lisant sur le site internet de Gentilly le compte-rendu du conseil municipal du 29 janvier (*) vous pensiez peut-être avoir la réponse à cette question. On lit en en effet :
« Rappelons à titre d'exemple qu'une augmentation de 8 % du taux de taxe d'habitation revient à 7,60 € d'impôt supplémentaire par mois et par habitant (valeur moyenne), soit l'équivalent d'une place de cinéma à tarif réduit. »
Cela paraîtra peut-être moins indolore si on remplace la place de cinéma par une pizza acheté chez un de nos pizzaiolos locaux, déjà sérieusement affectés par la
crise, mais passons...
Le plus troublant est que 7,60 € fois 12 mois font 91 € par an, soit +114% (en moyenne, la part communale de la taxe d'habitation se situe autour de 80 € par an par
habitant**) ! On pense alors à une autre interprétation de la hausse de 8% : la passage d'un taux de 6,35% à (6,35+8)% qui correspondrait à un accroissement de 113 €, pas si éloigné de 91
€...
En fait il n'en est rien et la hausse (pour la seule taxe d'habitation) sera inférieure à 1 € par habitant et par mois (8%*80/12). (***). On ne comprend pas bien mais au moins est-on soulagé !
(**) évidemment plus par ménage ou par contribuable.
(***) précisons toutefois qu'il faut ajouter la hausse de la base fiscale, de 2,5%, vôtée par le Parlement. Par ailleurs on ne parle ici que de la part communale de la taxe d'habitation... mais
la part départementale augmente également.
Par Dominique Guizien :
Dernier conseil municipal de l'année et une première innovation en matière de communication: depuis que le site Internet de la ville de Gentilly existe, c'est la première fois que le conseil municipal n'y est pas annoncé. A fortiori, l'ordre du jour n'est pas connu. Cela augure peut-être de la façon dont la majorité actuelle veut s'emparer des nouvelles technologies pour communiquer sur le contenu des débats de cette belle assemblée. Mais de cela, on reparlera plus loin.
En effet, pour ceux qui n'ont pas eu la curiosité d'aller consulter les panneaux d'affichage municipaux, le premier point à l'ordre du jour était le règlement intérieur du conseil municipal. Contrairement à ce que vous pouvez penser, ce n'était pas qu'une formalité administrative ennuyeuse. Ce fut même un haut moment de démocratie locale. Jugez-en.
D'abord, Madame LA maire place la barre très haut en affirmant en introduction que la démocratie représentative (le conseil municipal en l'occurrence) et la démocratie participative (on verra ce que c'est plus loin) ne sont pas exclusives et même qu'elles doivent se nourrir l'une l'autre. Lancé sur de telles bases, le débat ne pouvait être que de haut niveau.
Cela n'étonnera personne si je dis d'emblée que le débat se limita à un dialogue parfois musclé entre d'une part Le PC, avec parfois l'appui timide de GAGA, et le groupe PS et Verts. La droite fut absente de ce débat.
Sur quoi porta le débat ? Essentiellement sur trois points :
la retranscription des débats
la saisine du Conseil Municipal par les citoyens
le nombre des questions orales
Je ne reviens pas sur le premier point: il a déjà été évoqué à plusieurs reprises lors des précédents conseils municipaux. Mais tous les prétextes ont été bons pour ne pas répondre : c'est cher, c'est compliqué, il faut faire des études. Enfin, le principe est acté dans le règlement intérieur: la retranscription des débats d'une réunion du CM sera mise à disposition des conseillers municipaux et du public avant la réunion suivante de l'Assemblée. Le choix des moyens est laissé à l'équipe en place. L'idée d'une retranscription audio séquencée disponible sur le site et en médiathèque (tout le monde n'est pas branché Web, sais-tu?) semble faire son chemin. Cela dit, il faut espérer que le Webmestre n'aura pas la même panne que pour la mise en ligne de la date de ce conseil municipal et de son ordre du jour.
La saisine des citoyens : le groupe PS et Verts proposait qu'un groupe de 250 Gentilléens au moins soit autorisé à saisir le Conseil Municipal. Cela a donné lieu à un débat où les principes les plus hauts ont côtoyé l'hypocrisie la plus cynique. Je vous laisse faire le tri.
La saisine, c'est une bonne idée. Cela réinvente le droit de pétition. Naturellement puisqu'il s'agit de démocratie participative, nul ne peut être contre. Il faudrait d'ailleurs envisager de voir comment les conseils de quartiers peuvent être utilisés pour cela. N'oublions pas que dans le projet des conseils de quartier, il y a la possibilité de les doter de budgets participatifs (PC). Oui mais attention, la saisine ne devra être faite que sur la base de projets déjà structurés (GAGA). Oui mais attention, il faut qu'on se mette d'accord sur ce qu'on entend par Gentilléens: quelqu'un qui y réside (même illégalement) sans y voter (parce qu'il vote ailleurs ou qu'il n'a pas le droit de vote (les Etrangers par exemple), quelqu'un qui y paie ses impôts mais n'y réside pas? Ce point est important car il ne faudrait quand même pas que le Conseil Municipal se fasse imposer un ordre du jour par des gens organisés qui n'ont rien à voir avec les affaires communales (LCR).
Bref, comme vous le voyez, dès qu'on creuse un peu la démocratie participative, c'est comme la communication municipale, c'est tellement compliqué qu'il faut faire des études. Entre deux, on ne décide pas. Cela dit notons cette avancée : les conseils de quartiers pourront être un vecteur de cette saisine (même si le mot utilisée n'est pas idoine). On en reparlera donc au printemps puisque l'équipe en place a parlé à plusieurs reprises de traiter la question des conseils de quartier New Look avant avril 2009
Reste la question des questions orales : le projet de RI prévoit de limiter à 3 questions par séance et 1 par groupe. Le groupe PS et Verts souhaite une plus large ouverture (aucune limite), puisque de fait c'est la seule possibilité laissée à l'opposition municipale d'intervenir sur le contenu des travaux de l'Assemblée. Soupçonnant de vils desseins, comme l'entrave des débats, la majorité avance des arguments de bons sens: il ne faut pas risquer d'alourdir les débats déjà forts longs
Résultats de ce débat de 1 Heure et 15 minutes:
le principe de la retranscription des débats avant la réunion suivante est acté
la question de la saisine citoyenne est renvoyée à l'étude
le nombre de QO reste limité à 3 par séance et 1 par groupe
Ah oui j'oubliais! le groupe de la Droite a daigné participer à la fin du débat pour remercier chaleureusement (autant que son représentant peut l'être) le groupe PS et Verts d'avoir défendu l'intérêt de leur groupuscule en abaissant de 5 à 3 conseillers municipaux, le seuil à partir duquel des élus peuvent demander la création d'une mission d'information et d'évaluation sur les questions d'intérêt communal, un service ou un projet. Curieusement c'est une faculté offerte notamment à l'opposition d'intervenir dans les affaires municipales dont on n'avait pas parlé pendant le débat.
Après ce grand morceau de bravoure, le reste du conseil municipal s'est déroulé dans un ron-ron de bon aloi.
Adhésion au syndicat Mixte d'étude Paris Métropole/ C'est ce machin (le mot est d'un élu de la majorité municipale) tellement important qu'il fallait en parler à huis clos le mois dernier. Comme tout le monde est conscient que les débats stratégiques sur l'organisation et le rôle futur de la Région parisienne sont essentiels pour Gentilly (infrastructures, logement social développement économique, schémas de déplacement des habitants) , la question fut vite tranchée. Vote unanime moins une abstention sur le principe de l'adhésion et sur les statuts du SMEPM
Par contre sur le choix des représentants, il aurait été de bon ton que la majorité applique à sa représentation les principes qu'elle louait dans le fonctionnement du SMEPM : le Maire de Paris n'a pas voulu peser de tout son poids démographique dans la représentation et c'est pour tout le monde le même tarif : une commune, une voix. C'aurait quand même eu de la gueule si madame LA maire avait proposé :
la majorité municipale=26 élus=1 représentant titulaire,
l'opposition municipale=7 élus=1 représentant suppléant.
Au lieu de cela c'est le titulaire =madame la maire, le suppléant=le 1° adjoint. On se demande où il trouve le temps d'être présent partout!
Du coup, le groupe PS et Verts s'est abstenu sur la désignation des représentants, la Droite votant pour.
Acquisition du terrain Lénine: ça y est, c'est parti. Après 30 ans de luttes, la mairie a enfin acheté le terrain. Certes, c'est plus cher qu'elle ne le voulait (5,7 M€ au lieu de 2,2 M€) mais c'est quand même moins cher que ce que demandait l'Etat (7,7 M€). L'achat s'est fait à deux conditions :
pas d'augmentation de la charge foncière pour qu'il n'y ait pas d'augmentation des loyers en fin du programme
qu'une solution soit trouvée pour ce qui concerne la résidence à loyer maitrisé pour étudiants et chercheurs étrangers
Comme l'achat a été réalisé, on peut donc supposer que ces deux conditions ont été réunies. Et donc contrairement à ce que disait madame LA maire et son premier adjoint avant l'été, elle a pu « faire des miracles » et c'est donc mal informés (ou mal intentionnés) que certains ont pu affirmer à tort que les loyers augmenteraient de 35%. Prenons en acte mais comme disait mon grand-père, c'est toujours à la fin du marché qu'on compte les bouses!
Il paraît que la Caisse des Dépôts et Consignation, qui assure déjà un financement au tarif Caisse d'Epargne serait prête à aller plus loin pour aider à la réalisation de ce projet phare de l'urbanisme parisien. On lui en demande beaucoup à la CDC actuellement, vous ne trouvez pas! Mais là pour le coup, c'est quand même son coeur de métiers (financer le logement social). Si c'est vrai, bien joué madame LA maire!
Le reste du conseil municipal, c'est à dire une heure quand même de débat, a été consacré à des questions de moindre importance:
repyramidage de quelques postes : des agents ayant obtenu des promotions, il faut bien prévoir les postes budgétaires permettant de les payer. C'est archaïque comme procédure mais c'est comme ça que fonctionne la Fonction Publique Territoriale
le réaménagemnt du 19 rue du val de Marne. Les travaux vont commencer en mars et en septembre les locaux du nouveau pôle aménagement urbain seront ouverts au public.
le conseil municipal accepte (!) la subvention de la Communauté d'agglomération du Val de Bièvre pour l'élimination du plomb dans les locaux scolaires. L'inverse aurait été étonnant
les travaux du jardin de la Paix vont bientôt démarrer
la Municipalité va renouveler son partenariat avec la CAF concernant l'aide à la petite enfance. Avant il y avait deux contrats, le Contrat Enfance et le Contrat Temps libre, il n'y en aura plus qu'un le Contrat Enfance Jeunesse qui porte sur la période 2008-2011 : ça c'est pour l'anecdote. Mais plus grave et pour tout dire scandaleux, la participation de la CAF au financement des projets qui était de plus 68% entre 2005 et 2008, va descendre progressivement pour n'atteindre plus que 55% en 2011
quelques mesures financières de routine autorisant LA maire à faire face aux dépenses en attendant le vote du budget en mars. Tiens! À propos du vote du budget, j'avais cru entendre le 1° adjoint nous parler d'un débat d'orientation budgétaire à l'automne. Il faudrait se dépêcher, l'automne se termine après-demain! Ou alors ai-je mal entendu!
Une subvention exceptionnelle pour une association de Kremlin Bicêtre qui vient en aide aux familles dans le besoin ayant des enfants en bas âge. Ce n'est ni la première, ni la seule mais elle est nouvelle donc il faut l'aider au démarrage : qui l'anime? que fait-elle? combien demande-t-elle? A part qu'elle distribue des couches-culottes, du lait maternisé et des petits pots et qu'elle assure une écoute et des conseils, on en saura pas plus. L'adjointe à l'enfance est restée d'une discrétion de violette!
Lecture des rapports d'activité de 4 syndicats :
le SIGEIF, syndicat intercommunal pour le gaz et l'électricité en Ile de France, qui nous fournit le gaz (c'est un « machin », créé en 1904 qui fournit le gaz à plus de 5,0000 foyers à Gentilly). On y apprend incidemment qu'EDF a été mis à l'amende pour manque de transparence.
le SIPPEREC syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l'électricité et les réseaux de communication, créé en 1924, qui nous fournit l'électricité et les réseaux télécom y compris le câble donc. On y apprend que Gentilly est entièrement câblé et que EDF et Numéricable ont été épinglés pour manque de transparence de leur rapport d'activité. On y apprend aussi que le nombre d'abonnés bénéficiant d'abonnements « aidés » augmente fortement : la crise ne date donc pas de Septembre 2008 pour beaucoup!
Le SIFUREP le syndicat funéraire de la région Parisienne, créé lui en 1924. Outre qu'on y apprend que le funérarium, installé à Arcueil voit son activité diminuer du fait de la création d'autres funérarii en banlieue, constat est fait que les tarifs ont fortement augmenté. Même mourir devient plus dur aux plus pauvres!
la gestion des marchés forains de Frileuse et Chaperon Vert : malgré un alignement à la hausse des tarifs de Frileuse sur Chaperon Vert (ce qui est un comble: être commerçant forain dans un quartier défavorisé coûtait plus cher qu'être marchand forain au centre ville, du fait de la municipalité. Cette injustice est réparée mais pas forcément dans le sens souhaitable), les comptes de la société concessionnaire positifs en 2006 sont devenus déficitaires en 2007. Est-ce un signe que pour le petit commerce, la crise avait déjà commencé en 2007?
Pas de débat sur ces points d'information : ce sont quand même de la gestion des services publics au même titre que la gestion de l'eau!
Dernier point, la question orale du groupe PS et Verts concernant l'application du plan climat sur Gentilly.
La réponse fut orale et longue (18 minutes): tout y est passé. La municipalité actuelle comme les précédentes ont «été attentives à la protection de l'environnement et ce depuis très longtemps »: sans remonter au années 20 et à la création de l'ensemble Le Logis, toutes les réalisations de l'Office (je suppose qu'il s'agit de l'OPHLM) sont exemplaires en matière d'isolation phonique et sonore, que la municipalité a inventé les dalles végétalisées. L'inventaire a été long. On a même ajouté au plan climat, pour faire bonne mesure, des choses qui n'avaient rien à voir (mais c'est de l'environnement ça coco!) comme le bannissement des produits phyto-sanitaires pour l'entretien des espaces verts ou la récupération des eaux de pluies prévue au projet Chaperon Vert. A propos du Chaperon Vert, déjà un premier bémol : atteindre l'objectif en matière d'impact climatique (RT 2005-40%, là où la norme aurait voulu qu'on ait RT 2005-10%) aura un coût mais madame LA maire ne dit pas qui payera (et si c'était les habitants? Et si c'était l'environnement?). Donc la majorité municipale est clean sur ce sujet et les vilains pollueurs, ceux qui détruisent la planète, ce sont les propriétaires des pavillons du Plateau, dont les logements mal isolés, mal entretenus, font une vilaine tâche dans le ciel quand on fait une photo aérienne des émissions thermiques (pour être juste le 162 Gabriel Péri aussi). Franchement, ça valait le coup de poser une telle question, sauf que cela a amené les débats jusqu'à minuit.
Epuisé, le conseil municipal s'est donc séparé après 3 heures de débat en souhaitant de bonnes fêtes de fin d'année.
Ah oui j'oubliais! La séance a démarré par une véhémente intervention de madame LA maire pour la défense du collège Rosa Parks, attaqué par une publication d'un « groupe de l'opposition municipale ». Pour elle, ce ne sont pas les dysfonctionnements de cet établissement qui sont mis en cause mais c'est carrément l'Ecole Publique (avec une majuscule y compris à l'oral) qui a été attaquée. Je vous passe les allusions fines faites ensuite par les différents adjoints qui commençaient tous leur intervention en s'excusant de mal parler puisque venant de « Pierre Curie ». Illustration de la façon dont on fait encore de la politique à Gentilly: ça rappelle l'humour de Georges Marchais. Il y en a qui aiment!!
Bonnes Fêtes de fin d'année!!
Paroles gentilléennes, notre nouveau journal, comprend une rubrique billets d'humeur. Nous publions ici une version plus longue de ces billets.
Oui bien sûr.Les quatre conseillers municipaux qui composent notre groupe, trois socialistes et pour la première fois à Gentilly un représentant des Verts, ne sont pas membres de la majorité municipale. Ils ne participeront donc pas à la direction municipale. Nous ne nous considérons pas pour autant comme un groupe d'opposition.
Deuxième force politique à Gentilly avec plus du quart des suffrages exprimés, nous constituons une composante importante de la gauche dans ce nouveau conseil municipal. A ce titre, nous sommes décidés à participer de manière constructive et sans concession par rapport aux engagements que nous avons pris devant les Gentilléens, aux débats concernant l'avenir de Gentilly et le bien-être de ses habitants.
En effet, contrairement à ce qui a été affirmé au cours de la première séance du nouveau conseil municipal par les orateurs du groupe majoritaire constitué autour du Parti communiste, la liste de Madame Tordjman ne rassemble pas la "quasi totalité" des forces de gauche. Les socialistes et les verts tous regroupés au sein de la liste " à gauche le choix du renouveau" ne peuvent être considérés comme une composante négligeable de la gauche.
Ainsi, aucun groupe de ce conseil ne peut revendiquer la « quasi-totalité » de la représentation à gauche et se déclarer socialiste à la place des socialistes ou écologiste à la place des Verts. Décidément, au-delà des postures et des déclarations d'intention permanentes, il y a encore du chemin à faire à Gentilly dans la reconnaissance réelle du pluralisme et de la diversité indispensables au débat démocratique.
A cet égard, la concentration des principales délégations données par le maire et des indemnités votées par le conseil municipal entre les mains des trois premiers adjoints n'est pas un signe encourageant. Elle nous semble en tout cas peu conforme aux déclarations d'ouverture et à la volonté de répartition des pouvoirs qui n'ont cessé d'être proclamées au cours de la campagne.
Nos moyens d'action seront limités durant cette mandature. Nous nous exprimerons cependant avec détermination et en toute indépendance sur les pratiques et les comportements et surtout dans l'examen des projets qui seront soumis au conseil municipal. Nous serons force de proposition, partie prenante de l'action de la majorité de gauche lorsqu'elle sera transparente et nous paraîtra conforme aux intérêts des Gentilléens, critiques lorsque cela ne sera pas le cas.
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