Ni la liberté de conscience qui donne à chacun le droit de croire ou de ne pas croire, de pratiquer quelque religion que ce soit ou de ne pas pratiquer, ni la liberté d’expression sous quelque forme que ce soit.
Et rien, je dis bien RIEN ne doit nous amener à composer avec cette liberté fondamentale. J’entends depuis quelques jours – à propos de caricatures de Mahomet publiées dans un journal Danois - trop de commentaires officiels sur le thème confondant du « oui mais » : « oui, la liberté d’expression existe mais elle s’arrête là où commence le respect des croyances ». Et j’affirme qu’avec ce « mais » qui résonne comme une concession inacceptable aux intégrismes et aux fondamentalismes, le camp de la liberté prend un risque insensé.
Avec ce « mais », les guignols de l’info n’auraient pas pu caricaturer Jacques Chirac en super menteur.
Avec ce « mais », personne n’aurait osé faire une caricature du pape Benoît XVI mettant en évidence le flou de son attitude pendant le régime nazi.
Avec ce « mais », on aurait cédé devant la fatwa dont Salman Rushdie a été la victime.
Avec ce « mais », combien de nos auteurs d’hier ou d’avant-hier, combien de Voltaire, de Diderot, de Daumier auraient été censurés ?
Eh oui, la caricature est irrévérencieuse ! Elle l’est depuis des siècles et doit le rester. Aurait-on oublié que le délit de blasphème a été aboli en 1789 ? Veux-t-on le rétablir ? C’est pourquoi il ne saurait y avoir de « mais ».
Il ne peut pas y avoir de « mais » : la liberté tout court ne se marchande pas, et donc la liberté d’expression non plus.
Nos amis musulmans doivent comprendre que des dizaines de millions de citoyens du monde ont versé leur sang pour conquérir la liberté, sous quelque forme que ce soit. Tout retour en arrière, toute concession ferait courir un risque trop lourd pour l’humanité.
La Laïcité est une valeur qui protège la liberté de conscience et donc notamment les religions. Mais elle doit rester un combat contre tous les intégrismes et tous les fondamentalismes. Il me semble que c’est bien le cas ici.
Hier s'est tenue la troisième et dernière réunion publique à l'atelier d'urbanisme concernant le Plan Local d'Urbanisme. Ce n'était pas l'affluence : si on exclu les élus, les professionnels (bureau d'étude, employés municipaux) il ne restait que 8 "citoyens" (0,05% de la population), dont 3 militants politiques (PC ou PS). Il y a du chemin à faire pour la démocratie participative…
Le thème était "Une ville solidaire ouverte aux échanges et à l'innovation : Le paysage et le patrimoine urbain, l'espace public, les relations avec l'environnement intercommunal". Peut-être un peu flou…
Plutôt qu'un compte-rendu (il aurait fallu que je prenne des notes !) je vous propose d'évoquer quelques questions abordées et des propositions faites par le PS, en particulier par Alain Mugniery, adjoint à l'environnement.
Il a beaucoup été question de densité : faut-il plus d'habitants à Gentilly ? (jusqu'en 1999 la population baissait comme généralement en première couronne, le recensement en cours montrera sans doute, comme pour Paris, une stabilisation ou une légère remontée depuis).
Un consensus se fait sur l'importance de l'espace public, de la qualité urbaine, qui fait qu'une ville très dense peut être agréable (les 13ème ou 14ème arrondissements de Paris ont une densité deux fois supérieure à celle Gentilly). A contrario certains grands ensembles peuvent donner l'impression d'une densité excessive même si l'espace (mal utilisé) entre les barres fait qu'il n'en est rien.
J'ai défendu l'idée qu'on devait se garder de considérer Gentilly comme une île. La ville se situe au cœur d'une région qui connaît un mouvement de périurbanisation ou d'étalement urbain, c'est à dire une tendance à la localisation de l'habitat, en banlieue de plus en plus lointaine. Cette tendance est bien-sûr liée au désir d'espace et au souhait (au rêve) d'être propriétaire d'une maison avec jardin, mais elle découle surtout de l'explosion du prix du foncier, favorisé par la rareté de l'offre dans la zone centrale. Elle est extrêment dommagable car elle génère des nuisances environnementales et des coûts collectifs et privés importants : la fourniture de services publics est très difficile quand l'habitat est dispersé, en particulier celle de transports collectifs, ce qui conduit à un usage croissant de l'automobile. Le développement durable de l'Ile-de-France suppose qu'on se repose la question de la densité. Gentilly, ville "solidaire", doit prendre ses responsabilités.
De plus il est évident qu'une certain dynamisme démographique est nécessaire à la vitalité économique (commerces dits de proximité, offre de logements à certains salariés travaillant sur la ville) et sans doutes aussi culturelle.
Le choix de la densification doit bien-sûr être maîtrisé, en particulier en préservant les zones pavillonnaires qui permettent une respiration, aux portes de Paris. A d'autres endroits, en particulier en centre-ville, on peut envisager de densifier.
Mais ce débat n'est manifestement pas clos, nous aurons certainement à en reparler.
L'élaboration du PLU est aujourd'hui assez avancée pour qu'on passe à la phase des propositions plus concrètes. En voici quelques-unes :
- Le PS défend depuis longtemps l'idée de rendre possible la construction de maisons sur des parcelles de petites tailles. Actuellement il faut 200 m² de terrain pour pouvoir construire à Gentilly. En décendant cette limite à 120 m² on permettrait un certain renouvellement de l'habitat pavillonnaire, avec une densité supérieure sans nuire à la qualité urbaine. Autour de la Place de l'abbé Hénocque dans le 13ème les parcelles font 80 m². A noter que la Charte du PLU de l'association Mieux Vivre sur le Plateau reprend à son compte cette idée.
- Concernant le développement durable, en particulier les économies d'énergie et les énergies renouvelables, il faut passer à l'action. Concernant l'habitat, un obstacle à la généralisation des pratiques responsables est le surcoût à la construction qu'elles impliquent (les économies viennent plus tard). Il faut donc, à côté des mesures réglementaires (qui existent déjà au niveau national avec par exemple l'imposition de normes de plus en plus exigentes pour l'isolation) prévoir des mécanismes incitatifs. Depuis peu la loi ouvre aux communes la possibilité d'accorder un bonus au Coefficient d'Occupation au Sol pour la construction "environnementale" (construction ou renovation-extension, ce qui est évidemment important pour Gentilly, où peu de terrains restent à construire). Je reviendrai dans un autre article sur ce mécanisme qui peut tout à fait compenser le surcoût de la qualité environnementale.
- Pour répondre au besoin de verdure, favoriser l'écoulement des eaux pluviales, et contribuer à l'inertie thermique des batîments, il faut favoriser dans le réglement du PLU, la construction de terrasses plantées. La récupération des eaux de pluies doit aussi être prise en compte.
- L'implantation des services techniques, notamment les garages municipaux, dans l'îlot mairie n'est pas satisfaisante. Elle limite l'attractivité d'un quartier qui, avec la place de la Mairie a un fort potentiel. (La présence des pompes funêbres et la piètre qualité des plats servis par la pizzeria de la Fontaine sont aussi des handicaps !!!).
On pourrait libérer cet espace central en démanageant les services techniques ailleurs, par exemple au bord de l'A6B, sur le terrain prochainement libéré par le collège. Une progammation des équipements municipaux s'impose.
Plusieurs autres sujets ont été abordés (liaisons entre quartier, désenclavement de Victor Hugo, du Chaperon Vert et du 162, chêminements piétonniers et pistes cyclables, arbres, parcours de la Bièvre, aqueduc de la Vanne, etc.) mais cet article est déjà trop long !
Dans le cadre de l'atelier d'urbanisme de Gentilly, Benoit Tandonnet, de l'Ecole des Mines de Paris, a donné en décembre 2005 une conférence sur la qualité environnementale dans l'habitat. Il a mis en ligne une présentation très pédagogique que vous pouvez consulter ici. Attention : ce document n'est disponible que jusqu'à la fin de fevrier.
Dans un récent tract, elle se présente ainsi :
"Notre objectif est d'agir collectivement avec vous, d'être à votre écoute, de nous unir pour ensemble enrichir la réflexion, créer des liens sociaux et une dynamique dans les quartiers.
Nous réaffirmons notre volonté de construire avec les familles une nouvelle urbanité où l'implication des habitants et la démocratie participative seront de rigueur."
L'association s'exprime notamment sur l'ORU du Chaperon Vert (photo de Laurent Turpin), cité d'habitat social sur le territoire de Gentilly et d'Arcueil :
"Un projet de réhabilitation va être mis en œuvre au Chaperon Vert dans le cadre de l'Opération de Renouvellement Urbain. A ce moment, il nous paraît très important de tenir compte des préoccupations des habitants.
Les habitants résidant dans les immeubles construits dans les années 1950 rencontrent deux problèmes majeurs :
- L'exiguïté des logements notamment des pièces humides (cuisine, salles de bains) qui ne sont plus adaptés aux normes d'aujourd'hui.
- L'insonorisation des logements. Le bruit est en effet la première nuisance perçue par les locataires dans leur vie quotidienne.
Les surfaces ne peuvent plus être adaptées. Les logements sont à bout de souffle. La conception et les matériaux des cités construites dans les années 1950 ne permettent plus la réalisation d'une isolation phonique qui fait pourtant partie aujourd'hui du confort indispensable à notre bien-être.
Il faut donc mobiliser les moyens importants et les subventions de l'Etat pour transformer les cités à plus long terme et apporter aux locataires un cadre de vie et un urbanisme adapté à notre époque."
Nous souhaitons bonne chance à cette nouvelle association, et nous nous associons à sa volonté de voir le Chaperon Vert se transformer en profondeur.
Une opinion personnelle sur l'affaire de l'Offre Publique d'Achat du groupe indien Mittal Steel sur le groupe franco-luxembourgo-espagnol Arcelor.
Une réunion publique d'information concernant la requalification urbaine de l'autoroute A6b (couverture de l'axe autoroutier) et de la RD 126 va avoir lieu lundi 30 janvier à 20H30 au collège Pierre-Curie (110, rue G. Péri). Les intervenants seront Bernard Tomasini (préfet du Val-de-Marne), François-Régis Orizet (directeur départemental de l'équipement du Val-de-Marne) et Christian Métairie (président de la communauté d'agglomération).
Cette semaine les "global leaders" se retrouvent dans la station de ski suisse de Davos. A cette occasion sera présenté le rapport annuel sur la compétitivité du Forum Economique Mondial. Telos-eu m'a demandé d'écrire un article sur les indicateurs de compétitivité du Forum. Sous le titre "Choux + carottes = les additions du Forum de Davos", j'en dis du mal. En gros: -il est vain de chercher un indicateur résumant une notion aussi vague que la compétitivité (plus ou moins la croissance à long terme pour les gens de Davos) - sans fondements théoriques, ce n'est pas honnête -et en plus les résultats sont catastrophiques (aucun lien entre l'indicateur et la croissance).Le PS débat du moyen de rendre plus efficace cette loi. Notamment de l'opportunité d'augmenter considérablement les pénalités qui pour le moment ne sont pas du tout dissuasives, particulièrement pour les communes où le foncier est cher (donc précisemment les communes riches), ou encore obliger au respect de la loi, en faisant en sorte que l'Etat se substitue aux communes défaillantes (déjà prévu mais de manière trop restrictive et surtout pas appliqué) et réduise les subventions publiques aux récalcitrants.
C'est la deuxième option qui semble l'emporter.
Pendant ce temps, comme nous l'apprend cet article de Libération , les députés UMP s'attaquent au texte du gouvernement Jospin.
Un amendement (qui ne devrait toutefois pas être retenu) prévoit d'appliquer la loi non plus commune par commune mais au niveau des communautés d'agglomération.
Concernant la communauté d'agglomération du Val-de-Bièvre à laquelle Gentilly appartient, cela ne changerait rien puisque toutes les villes respectent la loi, Gentilly particulièrement avec environ 60% de logements sociaux.
SUITE : Voir cet article du Nouvel Obs : "Loi SRU : les 20% dénaturés"
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