Publié le 30 Janvier 2006

L'Association des locataires de l'Office HLM Arcueuil Gentilly vient de se créer.

Dans un récent tract, elle se présente ainsi :

"Notre objectif est d'agir collectivement avec vous, d'être à votre écoute, de nous unir pour ensemble enrichir la réflexion, créer des liens sociaux et une dynamique dans les quartiers.
Nous réaffirmons notre volonté de construire avec les familles une nouvelle urbanité où l'implication des habitants et la démocratie participative seront de rigueur."

L'association s'exprime notamment sur l'ORU du Chaperon Vert (photo de Laurent Turpin), cité d'habitat social sur le territoire de Gentilly et d'Arcueil :

"Un projet de réhabilitation va être mis en œuvre au Chaperon Vert dans le cadre de l'Opération de Renouvellement Urbain. A ce moment, il nous paraît très important de tenir compte des préoccupations des habitants.

Les habitants résidant dans les immeubles construits dans les années 1950 rencontrent deux problèmes majeurs :

- L'exiguïté des logements notamment des pièces humides (cuisine, salles de bains) qui ne sont plus adaptés aux normes d'aujourd'hui.

- L'insonorisation des logements. Le bruit est en effet la première nuisance perçue par les locataires dans leur vie quotidienne.

[…]

Les surfaces ne peuvent plus être adaptées. Les logements sont à bout de souffle. La conception et les matériaux des cités construites dans les années 1950 ne permettent plus la réalisation d'une isolation phonique qui fait pourtant partie aujourd'hui du confort indispensable à notre bien-être.

Il faut donc mobiliser les moyens importants et les subventions de l'Etat pour transformer les cités à plus long terme et apporter aux locataires un cadre de vie et un urbanisme adapté à notre époque."

Nous souhaitons bonne chance à cette nouvelle association, et nous nous associons à sa volonté de voir le Chaperon Vert se transformer en profondeur.

Nous regrettons en effet le manque d'ambition du projet d'ORU en ce qui concerne la partie gentilléenne du quartier. Il nous semble, et nos propositions allaient dans ce sens, qu'il fallait profiter de l'ORU pour "recréer de la ville", avec ce que cela suppose de qualité de l'urbanisme (nouvelle centralité, meilleure utilisation des espaces verts, etc.), de convivialité et de qualité de vie, d'ouverture sur le reste de la ville, et de mixité sociale.

Pour contacter l'association, présidée par Françoise Biti : locataires.arcueil.gentilly[@]voila.fr

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Rédigé par ps-gentilly

Publié dans #Politique locale

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Publié le 30 Janvier 2006

Une opinion personnelle sur l'affaire de l'Offre Publique d'Achat du groupe indien Mittal Steel sur le groupe franco-luxembourgo-espagnol Arcelor.

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Rédigé par Guillaume

Publié dans #Economie

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Publié le 28 Janvier 2006

Une réunion publique d'information concernant la requalification urbaine de l'autoroute A6b (couverture de l'axe autoroutier) et de la RD 126 va avoir lieu lundi 30 janvier à 20H30 au collège Pierre-Curie (110, rue G. Péri). Les intervenants seront  Bernard Tomasini (préfet du Val-de-Marne),  François-Régis Orizet (directeur départemental de l'équipement du Val-de-Marne) et Christian Métairie (président de la communauté d'agglomération).

De plus une enquête publique va être menée à Gentilly concernant ce projet
du 6 mars au 7 avril 2006 :
- le lundi 6 mars de 9heures à midi au bureau d'accueil de la mairie
- le mardi 14 mars de 16h30 à 19 heurs salle de l'antenne de quartier Gabriel Péri
- le mardi 4 avril de 14 heures à 17 heures au bureau d'accueil de la mairie.

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Rédigé par ps-gentilly

Publié dans #Information

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Publié le 24 Janvier 2006

Cette semaine les "global leaders" se retrouvent dans la station de ski suisse de Davos. A cette occasion sera présenté le rapport annuel sur la compétitivité du Forum Economique Mondial. Telos-eu m'a demandé d'écrire un article sur les indicateurs de compétitivité du Forum. Sous le titre "Choux + carottes = les additions du Forum de Davos", j'en dis du mal. En gros: -il est vain de chercher un indicateur résumant une notion aussi vague que la compétitivité (plus ou moins la croissance à long terme pour les gens de Davos) - sans fondements théoriques, ce n'est pas honnête -et en plus les résultats sont catastrophiques (aucun lien entre l'indicateur et la croissance).
L'économie française va mal, mais la 30ème place du pays dans le classement de Davos  ne nous dit  pas grand chose d'intéressant sur  les  origines de la crise, et rien sur les perspectives de long terme.
A lire aussi "La compétitivité et le farniente" de Marc Fleurbaey, qui explique bien que la notion productiviste de compétitivité convient peut-être aux entreprises, mais beaucoup moins aux pays.

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Rédigé par Guillaume

Publié dans #Economie

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Publié le 22 Janvier 2006

La politique investit internet, principalement à travers les blogs. S'agit-il d'un changement majeur dans la communication politique et d'une façon de donner corps à la démocratie participative ? il est sans doutes trop tôt pour le dire.

La "blogosphère" de notre communauté d'agglomération, le Val-de-Bièvre, n'est pas encore très fournie. On y trouve toutefois un précurseur de l'internet-politique, le député européen Vert Alain Lipietz, à Villejuif. Et un conseiller municipal de Fresnes, conseiller d'agglo UDF, Didier Rychter (si vous en connaissez d'autres, merci de poster un commentaire).
Jean-Yves Le Bouillonnec, député socialiste de la 11ème circonscription (Villejuif, Arcueil, Cachan et Gentilly-ouest) et maire de Cachan n'a pas de blog mais un site où il rend compte de son activité à l'Assemblée.
Nouveau : Dans les sections socialistes du Val-de-Bièvre on ne trouve pas encore de blogs, mais des sites plus classiques, comme à Arcueil et au Kremlin-Bicêtre.

Pour le parti socialiste DSK fait l'usage le plus intensif de ce nouvel outil. En ce moment on peut discuter sur son blog chacune de ses 15 propositions à l'occasion de sa rentrée politique.

Sur les blogs politiques (profils des "bloggeurs", classement, sociologie, etc) à noter la série d'articles de Versac. Voir aussi Netpolitique qui propose un annuaire des blogs politiques.

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Rédigé par Guillaume

Publié dans #Vie du blog

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Publié le 19 Janvier 2006

La loi Solidarité et Renouvellement Urbain, votée en décembre 2000, vise à ce que chaque commune de plus de 3 500 habitants (1 500 en Ile-de-France) atteigne un quota de 20 % de HLM sur son territoire. Les communes qui ne se mettent pas en conformité doivent verser une pénalité financière.

Le PS débat du moyen de rendre plus efficace cette loi. Notamment de l'opportunité d'augmenter considérablement les pénalités qui pour le moment ne sont pas du tout dissuasives, particulièrement pour les communes où le foncier est cher (donc précisemment les communes riches), ou encore obliger au respect de la loi, en faisant en sorte que l'Etat se substitue aux communes défaillantes (déjà prévu mais de manière trop restrictive et surtout pas appliqué) et réduise les subventions publiques aux récalcitrants.
C'est la deuxième option qui semble l'emporter.

Pendant ce temps, comme nous l'apprend cet article de Libération , les députés UMP s'attaquent au texte du gouvernement Jospin.

Un amendement (qui ne devrait toutefois pas être retenu) prévoit d'appliquer la loi non plus commune par commune  mais au niveau des communautés d'agglomération.
Concernant la communauté d'agglomération du Val-de-Bièvre à laquelle Gentilly appartient, cela ne changerait rien puisque toutes les villes respectent la loi, Gentilly particulièrement avec environ 60% de logements sociaux.

SUITE : Voir cet article du Nouvel Obs : "Loi SRU : les 20% dénaturés"

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Rédigé par Guillaume

Publié dans #Politique locale

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Publié le 16 Janvier 2006

gauche, nouvelobs, figaro, chirac, droite, fraternité, insécurité, sécurité, villepin, jospin, de villiers, égalité, sarkozy, sarko, syndicats, politique, parti, socialiste, démocratie, libéral, adhérer, militant, neuilly, actu, congrès.

Tous ces mots ont été "achetés" par Sarko à Google : quand l'un d'eux est entré sur le moteur de recherche, celui-ci met en évidence avant la liste des résultats de la requête un "lien commercial" vers le site de l'UMP, titré "La débat avec N. Sarkozy"…

Depuis novembre que cette info circule, la réplique recommandée consiste à entrer ces mots sur Google puis cliquer sur le lien de l'UMP, de manière à ce que la parti de Sarko ait à débourser à chaque fois quelques centimes d'euros.

Si on veut éviter toute visite, même courte, du site sarkoziste, on peut plutôt en profiter pour laisser tomber Google et tester d'autres moteurs de recherche : comme Ujko, Exalead ou Kartoo. Tout en évitant d'enrichir Google, vous pourriez ainsi découvrir un outil qui correspond mieux à vos besoins.

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Rédigé par Guillaume

Publié dans #Politique nationale

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Publié le 12 Janvier 2006

    Nicolas Sarkozy va commenter aujourd'hui les statistiques de la délinquance pour 2005. Il va sans doutes se rejouir de la baisse de 1,3% mesurée par ses services, tout en appellant à un effort supplémentaire puisque le rythme de la baisse a diminué par rapport aux années précédentes.
Contrairement à leur habitude les journalistes ne semblent ne pas trop se focaliser sur ce seul indicateur, et détaillent un peu en relevant que les violences aux personnes ont augmenté de 5%. Le cumul de types de délinquance très différents est évidemment extrêmement douteux. Additionner viols, vols d'autoradio et outrages à agent pour juger de la délinquance n'est pas plus pertinent qu'une évaluation de l'état de santé de la population reposant sur le cumul de cancers et de rhumes.

Une solution, si toutefois on souhaite disposer d'un indicateur synthétique, pourrait être de pondérer chaque acte par la peine encourue, en temps d'emprisonnement. Je ne serai pas surpris que le diagnostic soit alors assez différent.

            Je reviendrai sur la question de la mesure de la délinquance dans un autre article, en examinant notamment les enquêtes de victimisation (qui intérrogent la population "sur le terrain" à propos des actes de délinquance subis), aujourd'hui je reprends des élements de comparaisons internationales sur les statistiques policières tirées d'une note rédigée en 2003.

Si on cumule tous les types de délinquance, on constate que la délinquance française s'est tendanciellement beaucoup accrue à partir des années 60 (dans les années 50 on était à des plus bas historiques), pour se stabiliser à un niveau élevé dans les années récentes, oscillant entre 3,5 millions et 4 millions de faits constatés. Entre 1995 et 2000 la délinquance totale n'évolue pas beaucoup, la France étant dans la moyenne européenne.

La tendance croissante est généralisée dans le monde développé, elle traduit pelle mèle: - L'augmentation de la richesse et donc des opportunités lucratives de vol (explosion des vols dans les années de forte croissance, entre 1960 et 1975), - La baisse du contrôle social informel et de la vigilance communautaire dans des sociétés urbaines, aussi l'accroissement du traitement policier d'actes autrefois cachés voir tolérés (violences sexuelles en particulier), - La montée de la consommation de drogues douces (dans le Val de Marne près de 90% des délits liés à la drogue concernent des consommateurs de cannabis).

Si on rentre plus dans le détail on constate que les violences les plus graves n'ont pas augmenté en France (ni ailleurs) au cours des vingt dernières années. Le taux des homicides et tentatives d’homicides a continué à baisser jusqu'à récemment (mais le bilan de Sarkozy est plus incertain sur ce point, je n'ai pas encore les chiffres récents).

La délinquance en France se caractérisait anciennement par une légère sur-représentation des vols mais une présence relativement modérée des actes de violence aux personnes. Mais dans les dernières décennies ces violences se sont en général accrus, la tendance à été plutôt moins bonne qu'ailleurs.

Donc forte hausse de la délinquance « intermédiaire » : en gros les violences hors homicides, y compris les destructions et dégradations de biens publics et privés (automobiles…), et particulièrement les vols avec violence.

Parallèlement les vols de voiture ont nettement diminué, les autres vols (dont cambriolages, peu importants en France) se sont stabilisés. La sécurisation des véhicules contre le vol, les mesures de sécurité prises par les opérateurs de téléphonie mobile, ont du récemment diminuer le nombre de délits.

Ces "tendances lourdes" semblent se poursuivre.

En ce qui concerne les auteurs des crimes, la spécificié la plus nette est celle d'une forte sous-représentation des femmes dans les auteurs de crimes (14% contre plus de 20% en Allemagne et Etats-Unis). La sur-représentation des mineurs est possible mais peu prononcée, l'hétérogénéité des définitions internationale empêche de se prononcer clairement.

Le rajeunissement de la délinquance (aujourd'hui un peu plus de 20% des délits) s'est produit entre 1993 et 1998.

Les comparaisons internationales permettent une analyse plus objective des statistiques policières, elle ne permettent pas toutefois d'isoler l'impact des variations dans l'intensité de l'activité policière, dans le traitement des plaintes (certaines restent en "main courante") ou dans la propension à déposer plainte. La mise en place de la police de proximité par le gouvernement Jospin a contribué à la hausse de la délinquance mesurée, sa suppression permet à Sarkozy d'améliorer aujourd'hui son score.

A suivre…


Sur la criminologie on peut utilement se réferer au sociologue Laurent Muchielli
A lire aussi un article sur la police de proximité et l'échec de la politique de sécurité de Sarkozy, par Sebastian Roché.

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Rédigé par Guillaume Gaulier

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Publié le 8 Janvier 2006

Voici une note sur les 35 heures préparée en mars 2005 pour en débat en section. Elle peut permettre d'engager une discussion plus générale sur la politique de l'emploi en France. Les opinions exprimées sont celles de l'auteur.

- Un choix de société : les gains de productivité peuvent servir à améliorer la consommation à court terme ou à long terme (investissement) ou encore à diminuer le temps de travail. Ce dernier choix est sans doutes judicieux pour un pays riche confronté aux coûts sociaux et environnementaux du productivisme.

- La tendance à la baisse du temps de travail est séculaire. Historiquement il s'agissait de rendre plus acceptable la condition ouvrière. Il y a 200 ans, 70% du temps de vie d’un Français était capté par le travail, contre 50% il y a un siècle et 20% aujourd’hui (cf. M. Lallemand). Le fait de passer de 39 à 35 heures joue marginalement sur le temps de travail global.

- Cette tendance est générale dans les pays industrialisés mais avec des modalités différentes : temps partiel c'est à dire réduction individuelle souvent imposée ou réduction collective négociée à différents niveaux. En France baisse souvent impulsée par l'Etat, de 1982 à 1997 stagnation du temps de travail... de ceux ayant un emploi.


- Mais réforme plutôt "vendue" sur l'aspect partage du travail.

- Cela dans contexte de pessimisme en 1997 : 3 millions de chômeurs ; 25 % des jeunes ; forte augmentation des bénéficiaires de l’ASS et du RMI ; quasi stagnation du pouvoir d’achat ; croissance plus faible en France que dans le reste de la zone euro. Idée que "Tout a été essayé contre le chômage".

- Pour la majorité des économistes la représentation du travail comme un gâteau de taille donné à partager est erronée. Baisser la durée du travail de 10% n'augmente pas l'emploi de 10%, et pourrait même baisser le nombre total d'heure travaillées (réduire la taille du gâteau).

- les entreprises vont réaliser des gains de productivité horaire en intensifiant le travail et en le réorganisant.

- l'augmentation du coût horaire du travail dégrade la compétitivité face à la concurrence étrangère et favorise la substitution capital-travail.

- les salariés ne sont pas substituables entre eux et la division du temps de travail n'est pas possible pour tous les postes.

- Ces considérations ont été au moins en partie prises en compte, en associant les 35h à une réduction des charges sociales, en favorisant la réorganisation du travail (par exemple annualisation du temps de travail). Les gains de productivité horaire ont été forts et les coûts unitaires de production contenus (plus récemment ils subissent la hausse de l'Euro).

- De plus, l'accélération de la croissance (en France, pas tellement dans le reste de la zone Euro) et la dépréciation de l'Euro (qui augmente la compétitivité) ont donné un contexte macro-économique favorable aux 35h.

- Il ne faut pas négliger l'aspect psychologique des 35h : "enfin une action résolue contre le chômage", retour de la confiance. Possible contribution à la croissance.

 
Bilan pour l'emploi

- Finalement, de 1997 à 2001 hausse du nombre d'heures travaillées totales (+9%) car hausse de l'emploi largement supérieure à baisse de la durée du travail.

- Dans ce total l'effet spécifique des 35H est estimé entre 300 000 et 500 000, soit environ 20% des emplois nets créés sur cette période (2 millions, autant qu’au cours des 25 années précédentes). Chiffres proches de la prévision de l'OFCE en 1998.

- Estimations disponibles (INSEE, DARES, CDC-IXIS, IRES) reposent sur la constatation que la croissance seule ne peut expliquer les emplois créés, sur l'utilisation des comparaisons internationales, sur l'analyse des données d'entreprises (comparaison entre entreprises passées aux 35H et entreprises restant à 39 mais similaires par ailleurs).

 
Coûts et inconvénients
 
- Les 35h ont été "payées" de trois manières :

    - effort de productivité par l’intensification des heures travaillées,
    - modération salariale (même si pouvoir d'achat à augmenté plus que dans la période précédente, il est clair que l'emploi a été préféré au salaire, dans un rapport de 2/3-1/3).
    - baisse des charges sociales supportée par le budget de l'Etat.

- Par ailleurs, dégradation plus ou moins durable de la qualité dans certains secteurs, notamment les services aux entreprises. Difficultés d'embauches de personnel qualifié parfois (évidentes en 2000). Problèmes spécifiques dans les PME (mais peu d'entre elles sont passées aux 35H), dans le secteur hospitalier, etc. Des adaptations de la loi s'imposaient et étaient prévues.

- Le MEDEF dans sa critique des 35H met en avant un travail de la CDC qui situe le nombre d'emplois créés au même niveau que les autres études mais signale que le mécanisme réduit de 2,5% environ le niveau de production maximum possible (mais pas la croissance) en cas de retour au plein emploi (ou "chômage d’équilibre"). C'est juste et tout à fait naturel pour un mécanisme qui alloue des gains de productivité à l'augmentation du temps libre plutôt qu'à la
production.


Quid de l'équilibre financier du dispositif ? :

 

Coût brut (allégements de charge, compensation pour bas salaires)

10,5 milliards euros
Cotisations supplémentaires
-2,8
Economies d’indemnisations chômage
-3,1
Recettes fiscales supplémentaires
-0,5

Reprise et extension de la ristourne de CS Juppé (allégements jusqu’à 1,8 SMIC au lieu de 1,3)

-2,6
Coût net
1,9 milliards, soit 5000 à 7000 euros par emploi créé

(On notera que le MEDEF affirme, sans s'appuyer sur quelque étude que ce soit, que les 35H n'ont pas créé d'emplois mais cite un coût total de 15 milliards – incluant les coûts d’autres mesures – et un coût par emploi de 35000 euros, ce qui donne 430 000 emplois créés !)

Les allègements de charge 

- On entend parfois que les emplois créés l'ont été grâce aux allégements de charges mis en place bien avant les 35H par la droite. Pour valider cette hypothèse il faudrait alors que les délais soient extrêmement longs (4 ans minimum) et qu'au moment d'embaucher les patrons ne se soient pas souciés de la hausse des coûts qu'ils disaient pourtant prévoir suite aux 35H…

- Cela dit de nombreuses études mettent bien en évidence un impact positif des allégements de charges sur les bas salaires (qui peuvent être compensés par la "prime pour l'emploi" pour ne pas baisser les revenus). Les allégements de charges Aubry ne sont pas pour rien dans la réussite des 35H. Ce type de politique n'est pas à rejeter. Sa réussite, comme pour les 35h, dépend du contexte.

Négociations 

- Les 35H ont entraîné une dynamique de négociation collective sans précédent.

- On peut parler de flexibilisation négociée en échange d’embauches et de temps libre. Le mode de production actuel est facteur de stress, d'accidents du travail (cf. P. Askenazy), il a continué à s'imposer pendant la mise en place des 35H mais celles-ci ont au moins permis d'introduire une dose de négociation à côté de la restructuration imposée.

 
La remise en cause des 35H :

- Les entreprises n'utilisent pas les contingents d'heures supplémentaires autorisées par le gouvernement. Mis à part la frange la plus libérale du MEDEF elles n'étaient pas demandeuses d'une remise en cause de la loi. Elles ne souhaitent pas réouvrir des négociations et remettre en cause des accords qu'elles jugent favorables. Les plus grandes ont très bien su dégager des gains de productivité en se réorganisant, elles n'ont pas de problème de coût du travail.

- La grande majorité des salariés passés aux 35H, y compris les ouvriers, font un bilan personnel positif, mais soulignent souvent l'intensification de leur travail et parfois la perte de pouvoir d'achat.

- Aujourd'hui les revendications salariales sont d'autant plus justifiées que la part des profits dans le PIB est historiquement élevée. La question de la pénibilité du travail doit aussi être considérée.

Perspectives :

- Une politique de RTT n'est pas toujours adaptée. Elle a permis de lutter contre un chômage largement conjoncturel, elle risquerait d'être contre-productive contre un chômage plus structurel (lié à l'insuffisance de formation par exemple).

- La logique des 35H correspond cependant à une vision de l'économie assez statique, en fait les économies de marché modernes fonctionnent plutôt sur le mode de la "destruction-création": chaque jour 10000 emplois disparaissent en France et (presque) autant sont créés (cf. Cahuc et Zylberberg). Des entreprises licencient et embauchent simultanément, même dans des secteurs peu porteurs des entreprises parviennent à créer des emplois … Ce type de fonctionnement, de mode de croissance (on considère qu'environ 50% des gains de productivité sont dus au remplacement d'entreprises par d'autres plus innovantes ou efficaces), devrait amener à se préoccuper plus des individus que des postes de travail. Notre système se focalise sur les licenciements économiques qui représentent moins de 10% des emplois détruits, il protège mal contre l'incertitude (CDD, etc.), et protège finalement très mal l'emploi, en particulier pour les plus fragiles. Il faut repenser notre politique de l'emploi avec une vision réaliste du marché du travail et à la lumière des expériences étrangères (notamment la Suède). Mais les expériences étrangères sont certainement difficilement replicables en France : relations adminstrations-administrés, co-gestion, responsabilisation des partenaires sociaux, relations contractuelles, pratique de l’évaluation, etc.

Les 35H avaient leur place dans la politique menée par le gouvernement Jospin pour lutter contre le chômage, cela dans un contexte précis. Si le bilan est positif, elles n'ont été ni gratuites ni sans effets négatifs. Pour l'avenir, la RTT garde toute sa place dans un projet socialiste, mais peut-être plus comme choix collectif de partage de la richesse (dans un contexte de développement durable obligeant à une croissance plus qualitative que quantitative) que comme instrument de lutte contre le chômage.

A noter sur la politique de l'emploi en France l'article de Blanchard proposant un "contrat unique.progressif". Publié dans le blog de Telos ("agence intellectuelle" fondée en décembre 2005).


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Rédigé par Guillaume

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Publié le 2 Janvier 2006

Pas d'élections en 2006 mais on espère pour le PS une année plus positive que 2005.                          
Une année pour construire un projet, en débattre dans et au delà du parti, et terminer par la désignation par les militants socialistes (en fait il y aura quant même  des élections!) d'un(e) candidat(e) pour les présidentielles de 2007.
Pour Gentilly, 2006 sera aussi une année importante, avec la mise en place du PLU (Plan Local d'Urbanisme) et d'autres décisions concernant la vie dans la cité (le stationnement, l'avenir des "Bains douches" -voir photos dans l'album-, les conseils de quartiers, etc.) .
A bientôt sur ce blog, pour parler politique! 
Très bonne année!

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Rédigé par ps-gentilly

Publié dans #Vie du blog

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