Publié le 29 Novembre 2011

Article publié dans Le Monde le 28/11/11

 

Le rôle de la politique, ce n’est pas de faire peur pour ne rien changer, c’est de changer pour vaincre la peur. Ce n’est pas de prolonger le passé, c’est d’engager le futur.

Après le drame de Fukushima tandis que les réserves de pétrole s’amenuisent et que nous avons l’obligation écologique de réduire nos consommations de CO2, la France doit réussir la transition énergétique. Avec lucidité et volonté. Il s’agit de sortir progressivement du tout pétrole pour les transports et du tout nucléaire pour l’électricité.

Je veux la préparer autour de quatre principes : l’indépendance, la sécurité, l’emploi et le pouvoir d’achat.

Cette transition n’est pas seulement une nécessité pour le développement durable ou une protection par rapport aux risques. C’est surtout une opportunité économique si nous savons la saisir. KT_kh41569.jpg

Mon premier objectif est, donc, la diversification de nos sources d’énergie. Depuis le choc pétrolier en 1973, la France a installé un important parc  électronucléaire. Nous connaissons les atouts de cette technologie, l’excellence de notre industrie, le potentiel qu’elle représente et le savoir faire des salariés de ce secteur. Mais ce modèle doit désormais se moderniser et s’adapter. Les centrales lancées à la fin des années 1970 seront en fin de vie dans les quinze prochaines années. Des investissements importants devront y être consacrés pour éventuellement les prolonger, sachant que les exigences en matière de sécurité en élèveront le coût, sans oublier la question lancinante du stockage des déchets.

Parallèlement, si nous ne faisons rien, notre retard en matière d’énergies renouvelables s’accentuera, d’autant que la politique chaotique du gouvernement depuis cinq ans a encore aggravé notre écart de performance avec nos pays voisins, notamment l’Allemagne (230.000 emplois contre 40.000 en France). Et les difficultés d’AREVA, provoquées par un affaiblissement financier, voire un démantèlement organisé par le pouvoir, ont nui à l’investissement dans les énergies nouvelles.

C’est pourquoi, je porte à l’occasion de l’élection présidentielle un scénario volontariste et pragmatique. Il consiste à réduire à l’horizon 2025 la part du nucléaire dans la production d’électricité de 75 à 50% et de faire monter celle des énergies renouvelables, tout en maîtrisant notre consommation. Cette mutation prendra du temps – trois quinquennats - et supposera des étapes d’évaluation en fonction des progrès de la science et des prix relatifs de chaque source d’énergie. L’industrie nucléaire, loin d’être affaiblie, sera à plusieurs titres sollicitée et donc renforcée. Elle aura à intervenir sur les centrales les plus anciennes, à être exemplaire en matière de démantèlement et à poursuivre les recherches sur les énergies de demain, tout en garantissant la sécurité absolue de chaque site de production.

Pour le prochain quinquennat, je prends quatre engagements en cohérence avec cette perspective : la plus ancienne de nos centrales - Fessenheim – sera arrêtée ; le chantier de Flamanville - avec le nouveau réacteur EPR - sera conduit à son terme ; le système de retraitement des déchets et la filière qui l’accompagne seront préservés ; et aucune autre centrale ne sera lancée durant ce mandat. Par ailleurs, j’engagerai une politique cohérente de montée du renouvelable : solaire, éolien terrestre et maritime, biomasse… Des incitations fiscales pour la consommation comme pour la production contribueront au développement d’une industrie innovante et créatrice d’emplois, dont le CEA et AREVA seront les fers de lance.

Mon second objectif est de promouvoir une société de sobriété énergétique.

La priorité sera d’agir sur le bâti qui absorbe près de 40% de la consommation d’énergie. La rénovation thermique aura, en outre, l’avantage de préserver le pouvoir d’achat des français et d’offrir un gisement d’emplois considérable : plus de 150.000 d’ici 2020. Là encore, des actions importantes sont à mener pour améliorer notre efficacité énergétique : généralisation des appareils de faible consommation, diminution des pertes en ligne, stockage de l’électricité.

Quant au prix de l’énergie, la vérité oblige à dire que quel que soit le scénario autour de la part du nucléaire, il aura tendance à s’élever en raison du renchérissement des énergies fossiles et de l’ampleur des investissements à engager sur les centrales comme sur les énergies renouvelables. C’est pourquoi, je propose des mesures de protection des  consommateurs avec un tarif de base pour l’essentiel et un tarif progressif pour le confort. De même,  la maîtrise de la facture énergétique est indispensable à la préservation de la compétitivité de nos entreprises.

Réussir cette transition est donc un impératif économique, social et écologique. Elle suppose l’affirmation d’une politique industrielle et la préservation d’un pôle public de l’énergie, aujourd’hui malmené.

C’est le choix de l’avenir et celui de la responsabilité. Il évite un statu quo forcément dépassé et une sortie irréaliste du nucléaire. Il appelle, aussi, une conception élevée de la démocratie. C’est pourquoi, j’ouvrirai au lendemain de l’élection présidentielle, si les français m’accordent leur confiance, un grand débat sur l’énergie en France associant largement  les acteurs et les citoyens dont le Parlement fixera la conclusion par le vote d’une loi de programmation de la transition énergétique.

Ce débat mérite mieux que la caricature, l’outrance, l’aveuglement voire le mensonge. Je suis convaincu que les français se rassembleront davantage sur cette stratégie équilibrée, ambitieuse et protectrice que sur la défense de schémas périmés ou incantatoires.

Préparer l’avenir, c’est l’enjeu de l’élection présidentielle.

 

Illustration : affiche socialiste de 1946. Collection de Michel Dixmier.

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Rédigé par ps-gentilly

Publié dans #Développement durable

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Publié le 19 Novembre 2011

 

Ci-dessous la dernière tribune "Paroles d'élus" dans Vivre à Gentilly de novembre.

A noter que pour gagner de la place la phrase "L’incapacité des gouvernements européens à mettre fin à la crise rend plausible des scénarios catastrophiques de désintégration de la zone euro" a été supprimée dans la version publiée. C'était juste après l'accord entre chefs d'Etats à Nice et avant l'annonce du référendum en Grèce.... Est-ce être trop pessimiste que de la réintégrer ici ? :

 

Plus de mille gentilléens ont voté à l’un ou aux deux tours des Primaires citoyennes, organisées les 9 et 16 octobre derniers. Cette grande première démocratique dans notre pays a rencontré un succès dépassant les espérances qui montre bien l’attente de changements dans laquelle sont la plupart des français.

La responsabilité d’être l’architecte de ce changement repose désormais sur François Hollande, désigné candidat du Parti Socialiste et des Radicaux de Gauche à l’issue des Primaires. Il ne sera pas seul, les Primaires ont bien montré la volonté de millions de français de participer au changement. Au grand dam de la droite, le rassemblement se fait sans heurt derrière François Hollande, qui bénéficie de l’élan et de la légitimité donnés par le suffrage universel. Martine Aubry, que les électeurs gentilléens ont placé légèrement en tête (résultats détaillés ci-dessous), n’est pas défaite, elle jouera un rôle éminent dans la campagne qui commence et dans la victoire attendue le 6 mai 2012.

Certes la gauche héritera alors d’une situation économique et sociale critique. La crise européenne, la volonté de désendettement à la fois du secteur privé et des États (qui ont du faire face aux conséquences de la crise financière), font redouter une nouvelle chute de la demande et de l’emploi, en bref une nouvelle récession. Si tant est que nous soyons jamais sortis de la crise : pour des millions de chômeurs dans le monde il n’y a pas eu de reprise. Peu de gouvernements ont pris la mesure de l’ampleur des réformes redistributives indispensables. Il faut en effet que les ajustements nécessaires dans certains pays, notamment en France, pèsent le moins possible sur la très grande partie de la population, celle qui n’a déjà pas bénéficié de la croissance dans les années « favorables ». Les promesses de mise au pas d’un secteur financier hypertrophié et qui souhaite socialiser ses pertes après avoir privatisé les gains de la croissance sont restées lettre morte. L’incapacité des gouvernements européens à mettre fin à la crise rend plausible des scénarios catastrophiques de désintégration de la zone euro. Aucun chef d’État européen actuel ne semble capable de donner un nouvel élan à l’Union européenne, de faire en sorte que la rigueur partout et pour tous ne soit pas la seule perspective offerte aux citoyens européens. La probabilité est malheureusement faible d’une sortie de la crise « par le haut » qui impliquerait une avancée décisive vers le fédéralisme (un budget européen conséquent, pour investir dans l’avenir –éducation, recherche–, financé par des impôts européens, –par exemple une taxe carbone européenne–, une régulation bancaire européenne, etc.). Le saut démocratique indissociable de ces transferts de souveraineté devra attendre (au moins…) les alternances dans plusieurs pays européens dont l’Allemagne, l’Italie et bien-sûr la France !

Dans ce contexte François Hollande et le parti socialiste, même s’ils ne disposent pas d’un chèque en blanc, sont d’ores et déjà porteurs des attentes de redressement économique et de justice sociale d’un nombre grandissant de français.

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Rédigé par Guillaume

Publié dans #Politique nationale

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Publié le 9 Novembre 2011

Dans VAG de novembre :

 

Échos du conseil :

 

Le projet de reconstruction-agrandissement d’un site de Sanofi à Gentilly a été présenté au conseil municipal. Ce qui est une chance pour notre ville ne va pas sans risques : les riverains sont légitimement préoccupés par d’éventuelles dégradations de leur environnement : aggravation des nuisances liées à la desserte des restaurants sur le site, implantation des bâtiments réduisant l’ensoleillement et les espaces utilisables pour les habitants, nuisances engendrées par le chantier, etc. Notre groupe a insisté sur la nécessité reconnue par les différentes parties prenantes, d’associer les habitants à l’élaboration du projet. Il faut veiller à ce que les objectifs de qualité environnementale affichés concernent aussi l’insertion du site dans son environnement urbain. Cela dans un délai très court puisque le dépôt du permis de construire est prévu en décembre.

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Rédigé par ps-gentilly

Publié dans #Politique locale

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