Développement durable et PLU

Publié le 9 Février 2006

    Hier s'est tenue la troisième et dernière réunion publique à l'atelier d'urbanisme concernant le Plan Local d'Urbanisme. Ce n'était pas l'affluence : si on exclu les élus, les professionnels (bureau d'étude, employés municipaux) il ne restait que 8 "citoyens" (0,05% de la population), dont 3 militants politiques (PC ou PS). Il y a du chemin à faire pour la démocratie participative…
Le thème était "Une ville solidaire ouverte aux échanges et à l'innovation : Le paysage et le patrimoine urbain, l'espace public, les relations avec l'environnement intercommunal". Peut-être un peu flou…
Plutôt qu'un compte-rendu (il aurait fallu que je prenne des notes !) je vous propose d'évoquer quelques questions abordées et des propositions faites par le PS, en particulier par Alain Mugniery, adjoint à l'environnement.

    Il a beaucoup été question de densité : faut-il plus d'habitants à Gentilly ? (jusqu'en 1999 la population baissait comme généralement en première couronne, le recensement en cours montrera sans doute, comme pour Paris, une stabilisation ou une légère remontée depuis).

Un consensus se fait sur l'importance de l'espace public, de la qualité urbaine, qui fait qu'une ville très dense peut être agréable (les 13ème ou 14ème arrondissements de Paris ont une densité deux fois supérieure à celle Gentilly). A contrario certains grands ensembles peuvent donner l'impression d'une densité excessive même si l'espace (mal utilisé) entre les barres fait qu'il n'en est rien.

J'ai défendu l'idée qu'on devait se garder de considérer Gentilly comme une île. La ville se situe au cœur d'une région qui connaît un mouvement de périurbanisation ou d'étalement urbain, c'est à dire une tendance à la localisation de l'habitat, en banlieue de plus en plus lointaine. Cette tendance est bien-sûr liée au désir d'espace et au souhait (au rêve) d'être propriétaire d'une maison avec jardin, mais elle découle surtout de l'explosion du prix du foncier, favorisé par la rareté de l'offre dans la zone centrale. Elle est extrêment dommagable car elle génère des nuisances environnementales et des coûts collectifs et privés importants : la fourniture de services publics est très difficile quand l'habitat est dispersé, en particulier celle de transports collectifs, ce qui conduit à un usage croissant de l'automobile. Le développement durable de l'Ile-de-France suppose qu'on se repose la question de la densité. Gentilly, ville "solidaire", doit prendre ses responsabilités.

De plus il est évident qu'une certain dynamisme démographique est nécessaire à la vitalité économique (commerces dits de proximité, offre de logements à certains salariés travaillant sur la ville) et sans doutes aussi culturelle.

Le choix de la densification doit bien-sûr être maîtrisé, en particulier en préservant les zones pavillonnaires qui permettent une respiration, aux portes de Paris. A d'autres endroits, en particulier en centre-ville, on peut envisager de densifier.

Mais ce débat n'est manifestement pas clos, nous aurons certainement à en reparler.

    L'élaboration du PLU est aujourd'hui assez avancée pour qu'on passe à la phase des propositions plus concrètes. En voici quelques-unes :

- Le PS défend depuis longtemps l'idée de rendre possible la construction de maisons sur des parcelles de petites tailles. Actuellement il faut 200 m² de terrain pour pouvoir construire à Gentilly. En décendant cette limite à 120 m² on permettrait un certain renouvellement de l'habitat pavillonnaire, avec une densité supérieure sans nuire à la qualité urbaine. Autour de la Place de l'abbé Hénocque dans le 13ème les parcelles font 80 m². A noter que la Charte du PLU de l'association Mieux Vivre sur le Plateau reprend à son compte cette idée.

- Concernant le développement durable, en particulier les économies d'énergie et les énergies renouvelables, il faut passer à l'action. Concernant l'habitat, un obstacle à la généralisation des pratiques responsables est le surcoût à la construction qu'elles impliquent (les économies viennent plus tard). Il faut donc, à côté des mesures réglementaires (qui existent déjà au niveau national avec par exemple l'imposition de normes de plus en plus exigentes pour l'isolation) prévoir des mécanismes incitatifs. Depuis peu la loi ouvre aux communes la possibilité d'accorder un bonus au Coefficient d'Occupation au Sol pour la construction "environnementale" (construction ou renovation-extension, ce qui est évidemment important pour Gentilly, où peu de terrains restent à construire). Je reviendrai dans un autre article sur ce mécanisme qui peut tout à fait compenser le surcoût de la qualité environnementale.

- Pour répondre au besoin de verdure, favoriser l'écoulement des eaux pluviales, et contribuer à l'inertie thermique des batîments, il faut favoriser dans le réglement du PLU, la construction de terrasses plantées. La récupération des eaux de pluies doit aussi être prise en compte.

- L'implantation des services techniques, notamment les garages municipaux, dans l'îlot mairie n'est pas satisfaisante. Elle limite l'attractivité d'un quartier qui, avec la place de la Mairie a un fort potentiel. (La présence des pompes funêbres et la piètre qualité des plats servis par la pizzeria de la Fontaine sont aussi des handicaps !!!).

On pourrait libérer cet espace central en démanageant les services techniques ailleurs, par exemple au bord de l'A6B, sur le terrain prochainement libéré par le collège. Une progammation des équipements municipaux s'impose.

Plusieurs autres sujets ont été abordés (liaisons entre quartier, désenclavement de Victor Hugo, du Chaperon Vert et du 162, chêminements piétonniers et pistes cyclables, arbres, parcours de la Bièvre, aqueduc de la Vanne, etc.) mais cet article est déjà trop long !

A retenir : Des ateliers PLU vont s'ouvrir prochainement. Concernant l'environnement et les transports ils seront animés par des élus PS. Il faudra participer !

 

Rédigé par ps-gentilly

Publié dans #Développement durable

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