Après le CPE

Publié le 11 Avril 2006

"Le gouvernement vient de retirer le CPE. C'est une grande victoire de la mobilisation : étudiants, lycéens, syndicats, partis de gauche - notre unité et notre force d'action ont fait reculer la droite. C'est aussi une grande victoire de la démocratie : un gouvernement ne saurait imposer une mesure rejetée par 80% des Français.

Il est temps, désormais, de se pencher sur les propositions alternatives pour l'emploi des jeunes. Car le problème est bien réel. 22% des jeunes actifs sont au chômage. 70% des premières embauches sont des emplois précaires.

A Gauche en Europe réfléchit depuis de nombreux mois sur ces questions, dans le cadre d'un groupe de travail sur les nouveaux droits sociaux, présidé par Jean-Paul Huchon et animé par Marc Deluzet. Ces travaux ont abouti à un rapport, présenté dans un séminaire à Sciences Po le 15 mars dernier. Vous trouverez le rapport et le compte-rendu du séminaire dans une prochaine newsletter.

Dominique Strauss-Kahn a rendu publiques ses propositions, sur
son blog. Elles s'organisent autour de trois axes :

- Il faut d'abord créer des emplois. La clé, c'est la croissance. Et des emplois fléchés sur les jeunes : DSK propose de moduler le taux d'impôt sur les sociétés en fonction de cet objectif. Une telle modulation aboutirait à un bonus/malus de 50% sur l'impôt sur les sociétés en fonction du pourcentage de jeunes présents en entreprise.

- Il faut ensuite des jeunes formés. La clé, c'est l'université. Mais il y aussi ceux qui ont quitté l'école tôt. Pour eux, DSK propose d'investir massivement dans la formation en alternance en entreprise : elle a prouvé sa capacité à assurer la qualification professionnelle des jeunes. Or elle est en baisse aujourd'hui !

- Il faut enfin assurer la transition de la formation vers le premier emploi. La clé, c'est la sécurité professionnelle. DSK propose de commencer par les jeunes, avant de l'étendre à l'ensemble de la population active. Il souhaite mettre en place un "contrat de transition vers l'emploi". Ce contrat, signé entre le jeune en recherche d'emploi et le service public de l'emploi, comprendrait quatre volets : 1. un suivi actif personnalisé du demandeur d'emploi ; 2. un crédit-formation inversement proportionnel à la durée de formation initiale : pour un droit à formation de vingt ans pour tous ; 3. une procédure spécifique de validation des acquis professionnels pour les jeunes ayant travaillé dans des emplois précaires ; 4. Une allocation de recherche d'emploi. L'objectif est simple : ne laisser aucun jeune seul sur le bord de la route.

Ces propositions seraient inscrites dans une loi-cadre, traduction législative d'une charte nationale pour l'insertion des jeunes élaborée et ratifiée dans une démarche collective, avec les partenaires sociaux et les organisations de jeunesse.

Vous trouverez
en suivant ce lien le texte intégral des propositions de DSK. N'hésitez pas à nous contacter à secretariat@gauche-en-europe.org pour les commenter, les approfondir, les travailler."

Olivier Ferrand
Délégué général d’A Gauche En Europe

Rédigé par ps-gentilly

Publié dans #Politique nationale

Repost 0
Commenter cet article