Voici l'édito du prochain numéro de "Paroles gentilléennes", dans une version un peu plus longue que celle qui sera publiée.
L'action, trop tardive mais enfin collective, des pays de la zone euro aura éloigné, espérons-le, le spectre d'un effondrement du système bancaire privant l'économie des
crédits indispensables à son fonctionnement. Mais la récession est bien là. C'est elle qui préoccupe les Français et ils attendent des réponses de l'Etat. Soutenir les revenus des ménages les
plus menacés par la crise (plutôt que ceux des plus riches, comme l'a fait en pure perte le gouvernement Fillon avec son fameux « paquet fiscal »), investir pour l'avenir avec des
dépenses en direction d'une économie « zéro carbone » (isolation, transports publics, énergies renouvelables), relancer le logement social… Les mesures pour soutenir l'économie ne
peuvent attendre.
Les communes ont également un rôle à jouer, au plus près des citoyens. C'est ce moment que le gouvernement a choisi pour tenter d'une part d'exonérer les communes du
quota de 20% de logement social prévu par la loi SRU, d'autre part de retirer à 284 communes la Dotation de Solidarité Urbaine (DSU). La première mesure a été rejetée par le Sénat, la seconde a
été gelée devant la mobilisation des municipalités de gauche. La réforme prévue pour la DSU se serait traduite à Gentilly par une perte annuelle de 272 000 euros (sans gains véritables pour les
communes restant bénéficiaires). Ajouter à cela un plan banlieue en peau de chagrin, ou encore les inquiétudes sur le financement des Opérations de Renouvellement Urbain : le fameux « plan
Marshall » pour la banlieue n'était qu'une de ces promesses « qui n'engagent que ceux qui y croient ».
Comment conclure sans évoquer ce qui est plus qu’une éclaircie dans ces temps difficiles : l’immense espoir que soulève, dans le monde entier, l’élection de Barack
Obama ? Par sa charge symbolique, on sait déjà que l'événement est le plus important depuis la chute du mur de Berlin.
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