Carte scolaire et mixité sociale

Publié le 7 Septembre 2006

En cette période de rentrée des classes on parle beaucoup de carte scolaire. Ségolène Royal provoque un tollé en suggérant d'assouplir la sectorisation en donnant aux parents le choix entre plusieurs établissements. Sarkozy propose carrément de supprimer la carte scolaire.

 

D'abord le constat : l'objectif de mixité n'est pas atteint du fait des stratégies d'évitement utilisées par les plus aisés ou les mieux informés (particulièrement les enseignants) voire (mais c'est l'étape ultime de l'évitement) du fait des choix résidentiels de ces mêmes parents (Eric Maurin explique bien dans Le ghetto français –a lire– comment la mixité est battue en brèche par les choix des catégories moyennes ou supérieures). Selon une étude de 2005, un tiers des parents (40% des parisiens) contournent la carte scolaire à l'aide de diverses techniques : dérogation, inscription dans le privé, changement de domiciliation, ou encore choix d'options enseignées uniquement dans des lycées "d'élite".

 

Je pense qu'il serait intéressant d'assouplir la carte scolaire mais surtout de reflechir aux moyens d'atteindre mieux l'objectif de mixité sociale.

 
Dans ce sens je propose :
 

- qu'on donne le choix aux parents entre plusieurs établissements en veillant qu'aucune zone ne comporte que des établissements difficiles ou prestigieux, trouver un équilibre à chaque fois.

 

- qu'une partie significative des ressources soit versée aux établissement par l'Etat mais en fonction des revenus des parents des élèves inscrits. Si une fille de cadre supérieur est inscrit dans un lycée, cet établissement touche une somme moins importante que s'il accueille une fille d'employé. Les moyens (par élève) des établissements seraient donc inégaux de manière à compenser, dans une faible part toutefois, les inégalités sociales "héritées".

 

- il est essentiel que les chefs d'établissement aient la liberté de gérer à leur guise cette partie (au moins) de leurs ressources. Un établissement accueillant des enfants de milieu modeste pourrait décider d'améliorer ses équipements, de recruter plus de personnel ou/et d'octroyer des primes pour attirer les meilleurs enseignants.

 

- de manière à éviter une trop grande variabilité des ressources, le montant de la ressource supplémentaire pourrait être fixé pour un laps de temps correspondant à un projet pédagogique de l'établissement.

 

- avec un tel système, les ZEP peuvent être supprimées. On aurait en effet un système "automatique" d'allocation des ressources pour aider les établissements "difficiles" sans l'effet de stigmatisation des ZEP.

 
- il serait utile de prévoir une experimentation du système dans quelques départements.

Evidemment il est illusoire de penser parvenir à la mixité sociale dans les établissements scolaires si à l'exterieur l'homogénéité sociale est la règle. Il faut donc travailler à la mixité dans l'habitat (loi SRU, règle des 25% de logement social dans les programme neufs dans le PLU de Paris, etc.), à l'amélioration de la répartition, de l'accès à l'emploi, etc.
 
Sur le même sujet lire l'article d'Antoine dans Optimum

Rédigé par Guillaume

Publié dans #Politique nationale

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