L'heure des bilans : la droite est nulle en économie, première partie : l'emploi

Publié le 13 Janvier 2007

   Voici un premier graphique permettant de comparer les performances économiques de la droite et de la gauche.
                                                                                                                                                                        

   J'ai retenu comme indicateur l'emploi, principale préoccupation des français. J'ai préféré cette variable au taux de chômage car elle est moins suspecte de manipulations et surtout n'évolue pas de manière contre-intuitive dans certaines circonstances. En effet une déterioration du marché du travail décourage la recherche d'emploi, conduisant certains chômeurs à cesser leurs recherches de telle sorte que le taux de chômage augmente moins qu'il ne devrait. Inversement l'existence de nouvelles opportunités d'emploi entraine le retour d'inatifs sur le marché du travail, reduisant la baisse du chômage.
    La situation de l'emploi en France n'est évidemment pas indépendante de la conjoncture internationale. Je prends donc comme point de comparaison le reste de la Zone Euro, avant l'entrée de la Slovénie (Allemagne, Italie, Espagne, Pays-Bas, Belgique, Portugal, Belgique, Autriche, Irlande, Grèce, Luxembourg). Les pays de la Zone Euro ont la même politique monétaire et le même taux de change (depuis 1999, voire avant pour certains du fait d'une convergence poussée et d'un alignement de plusieurs pays dont la France sur la politique de la Bundesbank). Ils sont très interdépendants et leurs conjonctures sont assez synchrones, ce qu'on constate aisément  sur le graphique (parallélisme des courbes France et Zone Euro). On peut considérer que la croissance de l'emploi en France ne peut se situer durablement plus de 1% au dessus de ses voisins, ni d'ailleurs à moins de 1% en dessous. Cette "marge de manoeuvre" n'est pas négligeable toutefois. Entre une très mauvaise et une très bonne performance française il pourrait donc y avoir, cumulé sur les cinq ans d'une législature, un écart de 10 points de croissance (ce qui doit faire autour de 2 millions d'emplois). La source des données est l'OCDE, via Patrice que je remercie vivement.
    Le graphique donne, pour chaque trimestre entre 1991 et 2006, le taux de croissance du nombre d'emplois depuis le même trimestre de l'année précédente (taux de croissance annuels glissants). La courbe bleue représente la France, la rouge le reste de la Zone Euro. Les zone grisées sont situées la première année de chaque législature si une alternance a eu lieu (donc en 1993, 1997 et 2002). Dans cette première année d'une nouvelle majorité il est en effet difficile de distinguer dans la performance relative de l'économie française telle que mesurée ici (c'est à dire sur un an) ce qui peut être attribué au nouveau gouvernement ou à l'ancien.
    Après ces longues explications préliminaires je m'abstiendrai de longs commentaires sur le graphique. Il me semble que ceux-ci seraient superflus. Avant la défaite de 1993 la gauche obtenait une performance relative satisfaisante mais dans un contexte très défavorable (forte baisse de l'emploi dans la Zone Euro et, donc, dans une moindre mesure en France). La majorité de droite entre 1993 et 1997 a obtenue une performance moyenne assez proche de celle du reste de la Zone Euro (meilleure dans un premier temps, moins bonne par la suite, dans une conjoncture médiocre). Le gouvernement Jospin a obtenu une performance d'emploi meilleure que le reste de la Zone Euro, sauf à la fin du mandat. Quant à la performance de Raffarin-de Villepin-Sarkozy elle est très en deçà de celle de nos voisins européens. L'économie française crée peu d'emplois alors même que l'emploi est plutôt bien orienté dans la Zone Euro.

Rédigé par Guillaume

Publié dans #Economie

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