Et pourtant "il a changé"...

Publié le 5 Avril 2007

Trois textes pour mieux connaître Nicolas Sarkozy

1- Par www.antisarko.net :

Discours de Nicolas Sarkozy à Lorient : justification de la violence des pêcheurs méritants et stigmatisation de la violence "gratuite" des " voyous"

Ce soir à Lorient, Nicolas Sarkozy s'est adressé aux pêcheurs au cours d'un discours particulièrement virulent. Outre des rappels déjà entendus lors de ses précédents meetings sur la fierté d'être français, sur la critique du renoncement et de la pensée unique, ce discours était centré sur l'opposition entre les pêcheurs, loués pour leur ardeur au travail, leur mérite et leur prise de risque face à l'océan déchaîné, et les "voyous" et les "fraudeurs", accusés de toutes les immoralités et de toutes les violences. Les évènements de la Gare du Nord et la grille de lecture sarkozyste de cet épisode (la gauche défendrait les "fraudeurs" contre la police et les honnêtes gens) constituaient la toile de fond de l'ensemble du discours (" quelle image de nous-même nous renvoie le regard des autres quand nous offrons au  monde un spectacle comme celui de la gare du Nord la semaine dernière?").

Comme lors de ses discours sur la France paysanne, NS a une nouvelle fois insisté sur l'importance de la tradition, de l'héritage, de la transmission d'un métier et d'une culture de génération en génération. L'attachement (voire l'enracinement) à la terre et à la mer est constitutif de la France éternelle dont le candidat de l'UMP se fait le poète. Cette vision de la France n'a rien à envier à celle de Le Pen : nulle mention n'est faite de l'immigration dans l'histoire de la nation, et tout le propos est destiné à dresser le portrait de "bons Français" héritiers de traditions familiales multiséculaires (NS insiste sur le fait que l'on serait marin de père en fils, par amour de la mer).

Distinguant des Français moraux et méritants d'autres Français délinquants et fraudeurs, l'ex-ministre de l'Intérieur s'engage dans une justification scandaleuse de la violence à laquelle les marins ont pu parfois avoir recours : " Ici on ne brûle pas la voiture de son voisin, ici on ne se laisse jamais aller à la violence gratuite. Chez les marins, on ne fraude pas, on ne triche pas. Ici quand on manifeste, quand on recours à la violence, ce n'est jamais pour se distraire, ce n'est jamais pour nuire à autrui, c'est parce qu'on est désespéré, c'est parce qu'on n'a plus de recours et qu'on se sent condamné à la mort économique et à la mort sociale". Il y a donc selon NS une violence légitime des pêcheurs, souvent dirigée contre les services et les symboles de l'Etat (incendie du Parlement de Bretagne dans les années 1990), et une violence gratuite des voyous. NS réduit donc les émeutes de novembre 2005 à des violences de distraction, en déniant tout caractère social et politique à la révolte des banlieues. Pour flatter une partie de l'électorat, le candidat à l'élection présidentielle reconnaît donc que la violence contre l'Etat peut être un mode de protestation acceptable [il faut le pilonner sur cette apologie de la contestation de l'autorité de l'Etat] : "Je veux le dire ici, aucune violence n'est acceptable dans la république, mais je ne mets pas, je ne mettrai jamais sur le même plan la colère des pêcheurs qui ne veulent pas mourir et la violence gratuite des fraudeurs et des voyous".

On l'aura compris, tous les habitants des banlieues sont forcément des délinquants, et seuls les "bons Français" ont droit d'exprimer, par tous les moyens, leur juste "colère". NS embraye alors sur la question des retraites des marins pêcheurs (qu'il défendra en s'attaquant aux "régimes spéciaux") et de l'Europe (on sent encore une fois que NS se range du côté des pêcheurs ou des paysans pour stigmatiser Bruxelles et justifier l'anti-européisme, dans une posture parfaitement démagogique qui entre en résonance avec ses attaques répétées contre la BCE).

Enfin, sans revenir à des développements désormais classiques des discours de NS (valorisation du travail contre l'assistanat, engagement en faveur du plein emploi... cf son programme) il faut insister sur le fait que le candidat de l'UMP se place délibérément et frontalement sur le terrain de la morale (stratégie payante pour GW Bush en 2000 et 2004) : le discours de Lorient a été longuement consacré à la fraude, notamment fiscale. Il faut ici rappeler que les prises de position de NS sur la fiscalité "écrasante" ou sur l'évasion fiscale "justifiée" de J. Halliday sont de puissants facteurs de légitimation des comportements de fraude de la part des catégories sociales les plus aisées, bien plus que des classes populaires ou moyennes (qui n'ont pas grand chose à cacher). Le candidat de l'UMP, tout à sa stigmatisation des banlieues et des jeunes issus de l'immigration, n'a donc aucun mot sur la délinquance en cols blancs. La condamnation de l'assistanat est enfin mise sur le même plan que celle de la fraude : "Quand l'assistanat paie plus que le travail, quand la fraude reste impunie, quand l'argent public est détourné ou gaspillé, on démoralise la France qui travaille." NS en appelle à la revalorisation de la morale civique contre une gauche accusée de défendre l'immoralité, la fraude et la déviance.

 


 

2- Par le site web "la Télé libre" citant le Canard enchaîné :

"On savait que les relations entre Sarkozy et les journalistes étaient faites d’amour et de haine. Mais dans la série des petites phrases de campagne, le candidat Ump a fait fort, comme le rapporte le Canard Enchaîné d’aujourd’hui.
C’était le 27 mars, dans le village des Baux-de-Provence. Nicolas Sarkozy prend son petit-déjeuner dans un hôtel quatre étoiles « luxe » avec une vingtaine de journalistes qui suivent sa campagne. Entre deux tartines, il leur dit : « Avec des amis comme vous, je suis bien, ça fait plaisir d’être avec vous. Si vous avez des questions à poser, posez vos questions, espèces de charognards. »

Après son dérapage à France 3 Nord et au siège de la chaîne à Paris (Ndlr : il a menacé de virer la direction actuelle de Fce télévision à son arrivée au pouvor, et a critiqué le traitement "de gauche" d'un reportage sur Fce 3, on reve...) il faut croire qu’une tartine est mal passée pour que Nicolas Sarkozy en vienne encore à « péter les plombs » avec les journalistes. Pardon, avec les « charognards. » A s’entendre traités ainsi, ces derniers ont du également avaler leur café de travers…"

 


 

3- Et pour finir le récit de l'entretien de Michel Onfray avec Nicolas Sarkozy : édifiant.

Le texte entier se trouve sur le blog de Michel Onfray : "Le cerveau d'un homme de droite"

En voici un passage, une citation de Nicolas Sarkozy : «  J’inclinerais pour ma part à penser qu’on naît pédophile, et c’est d’ailleurs un problème que nous ne sachions soigner cette pathologie-là. Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année, ce n’est pas parce que leurs parents s’en sont mal occupés ! Mais parce que génétiquement ils avaient une fragilité, une douleur préalable. Prenez les fumeurs : certains développent un cancer, d’autres non. Les premiers ont une faiblesse physiologique héréditaire. Les circonstances ne font pas tout, la part de l’inné est immense »

Rédigé par ps-gentilly

Publié dans #Politique nationale

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