Après les Primaires, en route pour le changement

Publié le 19 Novembre 2011

 

Ci-dessous la dernière tribune "Paroles d'élus" dans Vivre à Gentilly de novembre.

A noter que pour gagner de la place la phrase "L’incapacité des gouvernements européens à mettre fin à la crise rend plausible des scénarios catastrophiques de désintégration de la zone euro" a été supprimée dans la version publiée. C'était juste après l'accord entre chefs d'Etats à Nice et avant l'annonce du référendum en Grèce.... Est-ce être trop pessimiste que de la réintégrer ici ? :

 

Plus de mille gentilléens ont voté à l’un ou aux deux tours des Primaires citoyennes, organisées les 9 et 16 octobre derniers. Cette grande première démocratique dans notre pays a rencontré un succès dépassant les espérances qui montre bien l’attente de changements dans laquelle sont la plupart des français.

La responsabilité d’être l’architecte de ce changement repose désormais sur François Hollande, désigné candidat du Parti Socialiste et des Radicaux de Gauche à l’issue des Primaires. Il ne sera pas seul, les Primaires ont bien montré la volonté de millions de français de participer au changement. Au grand dam de la droite, le rassemblement se fait sans heurt derrière François Hollande, qui bénéficie de l’élan et de la légitimité donnés par le suffrage universel. Martine Aubry, que les électeurs gentilléens ont placé légèrement en tête (résultats détaillés ci-dessous), n’est pas défaite, elle jouera un rôle éminent dans la campagne qui commence et dans la victoire attendue le 6 mai 2012.

Certes la gauche héritera alors d’une situation économique et sociale critique. La crise européenne, la volonté de désendettement à la fois du secteur privé et des États (qui ont du faire face aux conséquences de la crise financière), font redouter une nouvelle chute de la demande et de l’emploi, en bref une nouvelle récession. Si tant est que nous soyons jamais sortis de la crise : pour des millions de chômeurs dans le monde il n’y a pas eu de reprise. Peu de gouvernements ont pris la mesure de l’ampleur des réformes redistributives indispensables. Il faut en effet que les ajustements nécessaires dans certains pays, notamment en France, pèsent le moins possible sur la très grande partie de la population, celle qui n’a déjà pas bénéficié de la croissance dans les années « favorables ». Les promesses de mise au pas d’un secteur financier hypertrophié et qui souhaite socialiser ses pertes après avoir privatisé les gains de la croissance sont restées lettre morte. L’incapacité des gouvernements européens à mettre fin à la crise rend plausible des scénarios catastrophiques de désintégration de la zone euro. Aucun chef d’État européen actuel ne semble capable de donner un nouvel élan à l’Union européenne, de faire en sorte que la rigueur partout et pour tous ne soit pas la seule perspective offerte aux citoyens européens. La probabilité est malheureusement faible d’une sortie de la crise « par le haut » qui impliquerait une avancée décisive vers le fédéralisme (un budget européen conséquent, pour investir dans l’avenir –éducation, recherche–, financé par des impôts européens, –par exemple une taxe carbone européenne–, une régulation bancaire européenne, etc.). Le saut démocratique indissociable de ces transferts de souveraineté devra attendre (au moins…) les alternances dans plusieurs pays européens dont l’Allemagne, l’Italie et bien-sûr la France !

Dans ce contexte François Hollande et le parti socialiste, même s’ils ne disposent pas d’un chèque en blanc, sont d’ores et déjà porteurs des attentes de redressement économique et de justice sociale d’un nombre grandissant de français.

Rédigé par Guillaume

Publié dans #Politique nationale

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