La lutte contre le chômage dépend aussi des communes

Publié le 11 Mars 2013

La gravité de la crise économique que notre pays traverse impose la question de l’emploi comme un enjeu fondamental. La lutte contre le chômage dépend bien sûr en premier lieu de l’action gouvernementale. Mais les collectivités locales, Gentilly en particulier, peuvent y avoir un rôle significatif, en utilisant les emplois d’avenir, un des dispositifs mis en place depuis l’élection de François Hollande.
Il s’agit d’offrir une chance d’insertion professionnelle à des jeunes peu ou pas qualifiés. Avec les séniors, cette catégorie de population est la plus touchée par le chômage. En France, 18% des jeunes sortent chaque année du système scolaire sans qualification. A Gentilly, la situation n’est certainement pas meilleure. C’est pour améliorer l’avenir de ces moins de 25 ans et celle des travailleurs handicapés de moins de 30 ans, que le gouvernement a mis en place les emplois d’avenir : 100 000 ont été programmés pour 2013 et 50 000 en 2014. Leur coût s’élèvera à 500 millions d’euros cette année et à 1,5 milliard par an lorsque le dispositif sera totalement déployé.
Dans le numéro de Vivre à Gentilly paru en novembre dernier, la tribune du groupe municipal majoritaire reprochait aux emplois d’avenir d’être insuffisants et moins ambitieux que les «emplois jeunes» votés sous le gouvernement Jospin. Effectivement, il existe des différences notables entre les deux types d’emplois car ils ne ciblent pas les mêmes publics. En effet, en 1997 les emplois jeunes avaient pour objectif de développer des activités répondant à des besoins nouveaux ou non satisfaits. Les employeurs étaient libres de recruter les jeunes qu’ils souhaitaient sans restriction de qualification. Les emplois d’avenir votés en 2012 visent, quant à eux, à soutenir ceux qui sont les plus éloignés de l’emploi et donc ceux qui sont le plus fortement frappés par la crise. L’objectif est de leur redonner, sur une durée de trois ans, l’envie et les moyens de s’engager dans un projet professionnel. Le but de la mise en place de ce dispositif n’est pas de résoudre le problème du chômage des jeunes mais d’y contribuer. Rappelons qu’un autre dispositif, complémentaire, vient d’être voté il y a quelques jours : les contrats de génération qui facilitent le recrutement d’un jeune qualifié tout en maintenant l’emploi d’un sénior.
Les critiques portées sur les emplois d’avenir par les représentants de la Municipalité expliquent peut-être pourquoi celle-ci ne s’implique pas dès maintenant, comme le font d’autres communes, dans le dispositif qui se met en place. Si c’est le cas nous le regrettons et ne comprenons pas ces réticences. A Arcueil par exemple, le Parti communiste a vanté les vertus de la mesure et la gauche réunie s’est engagée à embaucher une dizaine de jeunes dans le cadre des emplois d’avenir.
Pour les emplois d’avenir le gouvernement a décidé qu’il y aurait un suivi des contrats de travail ainsi que l’obligation d’une formation pour favoriser la réussite des bénéficiaires et les inscrire dans un parcours professionnel. La ville de Gentilly n’est-elle pas capable d’offrir et d’organiser une formation pendant 3 ans pour une dizaine de jeunes en grande difficulté ? Rappelons que loi prévoit une aide financière pour la commune, 75% du Smic pour chaque emploi d’avenir, qui lui permet de recruter et former des jeunes malgré le contexte de crise des finances publiques que l’on connaît.
Pour nous il est temps que la ville de Gentilly se mobilise pour utiliser ce nouveau dispositif.  

 

Publié dans Vivre à Gentilly de mars 2013

Rédigé par Bouchra

Publié dans #Economie

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