Economie

A paraître dans VAG :


 A l’heure où paraîtra ce texte le gouvernement aura probablement fait voter par sa majorité une réforme injuste et qui ne comblera pas le besoin de financement des retraites ni ne mettra fin à l’angoisse quant à l’avenir du système [c'est fait!].

L’opacité des régimes de retraites actuels participe de cette inquiétude : personne n’est vraiment capable de prévoir le niveau de sa future retraite et le temps de cotisation nécessaire pour pouvoir en bénéficier. Les jeunes n’imaginent même plus percevoir une retraite digne de ce nom.

A l’époque où le système était équilibré, nombre de personnes décédaient peu d’années après leur départ en retraite. Il faut se réjouir de la hausse spectaculaire de l’espérance de vie depuis lors.

Utiliser intégralement ce progrès pour du temps libre en fin de vie n’est pas la seule option. Le travail n’est pas toujours vécu comme un emprisonnement. Si beaucoup de travailleurs souffrent, la solution est d’abord dans l’amélioration des conditions de travail. En matière de réforme des retraites, rien n’empêche d’être imaginatif et de promouvoir des parcours moins linéaires : années sabbatiques, cessation progressive d’activité avec transmission des savoirs, conditions de travail adaptées à l’âge, cumul emploi-retraite, etc.

Mais repousser à 62 ans le droit à la retraite, ainsi qu’à 67 ans l’âge de la retraite à taux plein, est extrêmement injuste envers ceux qui ont commencé à travailler tôt, ou dont la carrière a été interrompue (particulièrement des femmes).  Mieux, il serait normal, par exemple, qu’un ouvrier du bâtiment puisse partir avant ses 60 ans, après un nombre d’années de cotisation largement inférieur à celui requis, par exemple, d’un chercheur. Une hausse de la durée de cotisation ne doit pas être écartée mais elle ne peut être uniforme.

Une plus grande individualisation des âges de départ éviterait, par ailleurs, la discrimination à l’embauche des séniors approchant l'âge légal de départ. Les entreprises rechignent en effet à investir en formation pour ces salariés. De plus, la parade actuelle qui consiste à rendre plus coûteux le licenciement de salariés séniors conduit nombre d’entreprises à limiter ces embauches.

Il est important de mettre en place un système équilibré sur le long terme, compréhensible et équitable. On peut imaginer des retraites construites progressivement par le cumul de droits tout au long de la carrière dans un régime unique, et convertis en pensions de retraite en fonction de l’espérance de vie restante, de manière à égaliser pour chaque génération les cotisations versées et les pensions touchées. La mise en œuvre d’un tel système « à la suédoise », en partant de l’imbroglio actuel des régimes de retraites devrait s’étaler sur de nombreuses années.

La question du besoin de financement des retraites des « papy boomers » devrait être traitée à part. Les réserves financières nécessaires à leur financement n’ont pas été constituées ou vont être vidées par le gouvernement (fonds mis en place par le gouvernement Jospin). Les actifs, c’est à dire leurs enfants,  moins nombreux et n’ayant  pas bénéficié de gains de pouvoirs d’achat importants, ne peuvent pas combler seuls ce besoin de financement exceptionnel, encore largement alourdi par la chute des recettes de cotisation causée par la crise économique et financière (deux tiers du déficit actuel !). Les revenus du capital doivent notamment être sollicités.

La reforme des retraites qui reste à faire devra reposer sur la justice sociale, en étant particulièrement attentive à l’équité entre générations et au sein de chaque génération (les retraites les plus basses devraient être augmentées tandis que les retraités aisés pourraient contribuer plus). Cela sans oublier que l’augmentation de la productivité peut légitimement être utilisée pour accroître le temps libre, à un moment ou un autre de la vie.

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Sous la pression, des marchés disent-ils, mais surtout de leur propre idéologie, les Etats européens s’apprêtent à s’administrer une purge sans précédent. Pour la France on parle de quelques 100 milliards à trouver en trois ans, soit plus de deux fois le total des recettes annuelles de l’impôt sur le revenu. Ce « remède » pour une économie même pas encore convalescente après la pire crise depuis les années 30 !

Même si on doit se soucier du niveau de la dette publique, rien n’impose d’en faire une priorité absolue. Si tous les pays européens entrent dans cette logique ils tueront ce qui reste de croissance et pourraient provoquer une déflation (baisse des prix et des salaires) dévastatrice. Le poids de la dette s’en trouverait accru.

Des comptes publics dégradés appellent une réponse énergique quand :

-beaucoup de projets d’investissement privés prometteurs sont évincés : dans la situation de croissance molle actuelle les besoins de financements sont inférieurs à l’offre de fonds, ce qui se traduit par un prix de l’argent, le taux d’intérêt, qui reste très bas. Pas de problème sur ce point.

-l’argent emprunté par l’État est gaspillé dans des dépenses avec une « rentabilité sociale » trop basse (inférieure au taux auquel l’Etat s’endette) : d’accord pour supprimer certaines niches fiscales, pour ne plus subventionner les heures supplémentaires ou ne plus alimenter la bulle immobilière, mais qui peut penser que, par exemple, les dépenses d’éducation ou d’équipement  sont improductives ?

-les prêteurs ne croient pas à la capacité de l’Etat de rembourser, même dans de nombreuses années, la dette. La Grèce, qui a connu une véritable dérive budgétaire, est dans ce cas. Les marchés ont peut être raison de penser qu’au bout du compte elle devra faire défaut sur sa dette. Dans ce cas les taux d’intérêt explosent, fragilisant encore l’équilibre budgétaire.

Se focaliser sur la dette publique est inapproprié : avant la crise l’Espagne enregistrait des excédents budgétaires mais ses ménages et ses entreprises accumulaient des dettes considérables, souvent sans investissements productifs en contrepartie. L’Etat a du prendre les relais des emprunteurs privés pour éviter un effondrement de l’économie. Là comme ailleurs la crise des finances publiques est d’abord la conséquence de la faillite du capitalisme financier dérégulé.

Normalement nous devrions avoir dans la zone euro des mécanismes de transferts budgétaires vers les pays en difficulté. Ce type de mécanisme, qui supplée à la flexibilité du taux de change, existe dans des fédérations comme les Etats-Unis : quand l’Alabama est en difficulté sa peine est allégée car ses habitants contribuent moins par leurs impôts au budget fédéral et continuent à bénéficier des dépenses fédérales.

Dans une union monétaire il faut une brigade de pompier (un gouvernement économique commun) pour éteindre les incendies (les crises économiques et budgétaires dans certains pays). Pour la zone euro, seules existent de consignes de sécurité (le Pacte de Stabilité). Mais on ne peut ainsi prévenir tous les incendies. Quand le feu est là il faut intervenir avant qu’il ne s’étende. La réponse européenne a été bien trop tardive et il y a plus qu’un doute sur la volonté des gouvernements de mettre en place des règles crédibles pour résorber les déséquilibres macroéconomiques ainsi que les mécanismes de solidarité assurant le bon fonctionnement de la zone euro. Il faut aussi trouver le chemin d’une croissance durable et équitable. Des impôts européens, par exemple une taxe carbone et un impôt sur les sociétés, finançant un fond de cohésion et des dépenses pour l’éducation, la recherche et l’environnement, pourraient participer à ces objectifs.

A paraître dans Vivre à Gentilly

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Ci-dessous une opinion personnelle sur les retraites, pour alimenter le débat.

Guillaume


Les propositions du PS se trouvent ici

Le document d’orientation du gouvernement ici

Le dernier rapport du COR (Conseil d’orientation des retraites) (vous noterez que le PS et le gouvernement ne mettent pas en avant le même scénario du COR…)

 


 

 Quelques réflexions sur la réforme des retraites

 

L’avenir des retraites est sans doute une des questions qui suscite le plus d’inquiétude en France.

 

L’opacité du système actuel participe de cette inquiétude : personne n’est capable de prévoir, même approximativement, le niveau de sa future retraite et le temps de cotisation nécessaire pour pouvoir en bénéficier. Les jeunes n’imaginent plus percevoir une retraite digne de ce nom. Les plus âgés, comme le personnage joué par Depardieu dans Mammuth, rassemblent difficilement les morceaux de leur carrière afin de faire valoir leurs droits.

 

A l’époque où le système était équilibré, nombre de personnes décédaient peu d’années après leur départ en retraite. Il faut se réjouir de la hausse spectaculaire de l’espérance de vie depuis lors.

 

Utiliser  intégralement ce progrès pour du temps libre en fin de vie n’est pas la seule option. Le travail n’est pas toujours vécu comme un emprisonnement par nos concitoyens comme le laisse penser un récent tract distribué dans notre ville. Si beaucoup de travailleurs souffrent, la solution est d’abord dans l’amélioration des conditions de travail. En matière de réforme des retraites, rien n’empêche d’être imaginatif et de promouvoir des parcours moins linéaires : années sabbatiques, cessation progressive d’activité avec transmission des savoirs, conditions de travail adaptées à l’âge, cumul emploi-retraite, etc.

 

Le droit à la retraite à 60 ans doit-il être défendu coûte que coûte ? Oui et non. Il serait inacceptable de repousser le départ en retraites de personnes qui à 60 ans ont déjà la durée de cotisation permettant une retraite à taux plein (41 ans en 2012),  certaines ayant commencé à cotiser parfois avant leur majorité. Mieux, il serait normal qu’un ouvrier du bâtiment puisse partir avant ses 60 ans, après un nombre d’années de cotisation également inférieur à la moyenne. D’un autre côté, on pourrait demander (ou  fortement inciter par un mécanisme de décôte-surcôte conséquent) un temps de cotisation assez largement supérieur à, par exemple, un chercheur.

 

Une plus grande différenciation des âges de départ éviterait, par ailleurs, la chute de l’emploi des personnes approchant l'âge légal de départ. Les entreprises rechignent en effet à investir en formation dans ces salariés. La parade consiste à rendre plus coûteux le licenciement de salariés séniors. Mais pour ne pas avoir à supporter ces coûts les entreprises préfèrent ne pas embaucher.

 

Il est important de mettre en place un système équilibré sur le long terme, compréhensible et équitable. On peut imaginer des retraites construites de manière plus individualisées par le cumul de droits (exprimés en points ou en euros) tout au long de la carrière dans un régime unique, et pouvant être convertis en pensions de retraite en fonction de l’espérance de vie restante, de manière à égaliser les cotisations versées et les pensions touchées au cours de la vie. La mise en œuvre d’un tel système « à la suédoise », en partant de l’imbroglio actuel des régimes de retraites, est difficile. Elle devra s’envisager sur de nombreuses années.

 

La question du besoin de financement des retraites des « papy boomers » devrait être traitée à part. Ils atteignent l’âge de la retraite souvent en plein forme, au terme de carrières qui leur donnent droit à des pensions relativement généreuses. Les réserves financières nécessaires au financement de leurs retraites n’ont pas été constituées. Les actifs, c’est à dire leurs enfants,  moins nombreux et n’ayant  pas bénéficié de gains de pouvoirs d’achat importants, ne devraient pas combler seuls ce besoin de financement exceptionnel. Les revenus du capital, souvent détenus par des inactifs, doivent notamment être sollicités. Ces ressources pourraient alimenter le fonds de réserve mis en place par le gouvernement Jospin.

 

Le premier principe qui devra guider la reforme des retraites est celui de la justice sociale qui impose d’être particulièrement attentif à l’équité entre générations (les actifs ne doivent pas seuls apporter les moyens supplémentaires nécessaires) et au sein de chaque génération (les retraites les plus basses devraient être augmentées tandis que les retraités aisés pourraient contribuer à hauteur de leurs moyens).

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Je continue à fouiller dan:s les données de l'INSEE sur la situation économique et sociale dans les communes.
Aujourd'hui quelques chiffres sur les situations les plus critiques.

-En 2006 11% des assurés sociaux de Gentilly étaient bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle Complémentaire. Ce taux est le troisième le plus élevée dans le Val-de-Marne (moyenne de 6%). Le pourcentage de bénéficiaire est supérieur à Villeneuve-saint-Georges (12,7%) et presque identique à Alfortiville (11,1%). Dans le Val-de-Bièvre Arcueil est à 9%, Villejuif à 8% et L'Hay-les-Roses à 5%.
-Si on considère les bénéficiaire de la CMUC âgés de moins de 18 ans, Gentilly, avec 19%, n'est plus "devancée" que par Villeneuve-Saint-Georges (20%). La moyenne du Val-de-Marne est à 9% et du Val-de-Bièvre seule L'Hay-les-Roses (8%) se situe en dessous.
-Si on s'intéresse aux bénéficiaires entre 50 et 60 ans alors Gentilly prend (de peu) la tête avec 10,1% (Alfortville est à 10,05%). La moyenne départementale est cette fois de 4%, taux enregistré par Cachan, Fresnes et L'Hay-les-Roses. Villejuif est à 6% et Arcueil à 7% de bénéficiaires.

-L'INSEE produit également des chiffres intéressants sur les quartiers les plus en difficulté. Cinq quartiers d'habitat social de Gentilly sont concernés : Chaperon Vert, Frileuse, Gabriel Péri, Reine Blanche et Victor Hugo.
-La situation la plus critique est probablement celle du 162 Gabriel Péri. Le taux de chômage en 2006 était de 18%, en baisse de un point par rapport à 1999 mais comme dans le même temps le chômage a reculé partout (il est à craindre que cette amélioration n'ait été que provisoire) Gabriel Péri affiche en 2006 le 8ème taux de chômage le plus élevé des quartiers sensibles du département. Par ailleurs 20% des assurés sociaux sont bénéficiaires de la Couverture Maladie Universelle Complémentaire en  2006, deuxième taux des quartiers sensibles du département, derrière Groult-Ferme Sud à Vitry-sur-Seine (24% de bénéficiaires de la CMUC ainsi que 26% de chômeurs)
-En 1999 le taux de chômage au Chaperon Vert était de 21% le 6ème plus élevé des 68 quartiers sensibles du département. La situation s'est ensuite améliorée puisqu'avec 18% de chômeurs en 2006 le quartier n'enregistrait plus que la 13ème moins bonne performance du département. Le Chaperon-Vert est le seul quartier pour lequel les chiffres de bénéficiaires de la CMUC ne sont pas disponibles.
-Victor Hugo a un taux de chômage qui le situe, en 1999 (16%) comme en 2006 (15%), dans la moyenne des quartiers considérés. Par contre le nombre de bénéficiares de la CMUC y est élevé : 16%, soit le 7ème taux le plus élevés.
-La Reine Blanche compte relativement moins de bénéficiaires de la CMUC (12%) mais est un des rares quartiers à avoir vu son taux de chômage augmenter entre 1999 et 2006, de 16 à 17%.
-Frileuse est dans une situation nettement moins dégradée que les autres quartiers d'habitat social de Gentilly : 13% de chômeurs (62ème quartier sur 68) et 6% de bénéficiaires de la CMUC (63ème)
-Il faut noter que les taux de chômage ci-dessus sous-estiment très probablement la difficulté d'accès à l'emploi, en effet nombre d'habitants peuvent avoir renoncé à chercher un emploi et ne plus être comptabilisés comme chomeurs mais comme inactifs. Par ailleurs des habitants peuvent ne pas être bénéficiaire de l'assurance maladie.
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Mon précédent billet sur les revenus des ménages n'a pas eu beaucoup de succès (peu de visites). Peut-être qu'un moyen d'intéresser à cette question des revenus et de leur répartition est de parler du sujet qui passionne la presse (et pas seulement elle) en ce moment : la (possible, probable, certaine, future, actuelle...?) baisse des prix immobiliers?
Donc voici, encore, quelques calculs :

Un ménage gentilléen comporte en moyenne 2,2 personnes. Les logements existants comptent 2,8 pièces.
Je fais donc l'hypothèse qu'un ménage "moyen" occupe un logement de 50 m².
Disons qu'un m² coute autour de 4000 euros à Gentilly (les logements sont mis en ventes à des prix en général supérieurs, comprenant les frais d'agence, mais les plus chers semblent se vendre difficilement)
En considérant les revenus en 2005 (mais ils n'ont pas du beaucoup évoluer malheureusement) on trouve que le prix du logement type représente 6,9 années de revenus du ménage gentilléen moyen.
Pour le ménage médian (50% plus pauvre que lui, 50% plus riche) on monte à 8,7.
Seuls 21% des Gentilléens sont en fait propriétaires (autour de 60% sont locataires de HLM), prenons donc les revenus du dernier quartile (les 25% les plus riches), on redescend alors à 5,3 années de revenu pour acheter.
Pour s'approcher de 3,5, chiffre considéré comme normal, il faut passe aux 10% des Gentilléens les plus riches : ceux-ci doivent débourser  (hors intérêts d'emprunt comme dans le reste des calculs) 3,6 années de revenus pour acquerir un petit trois pièces.
Je n'ai pas fais le calculs pour la France mais en gros je pense qu'on doit être autour de 5,5 années de revenus pour acheter.
C'est à dire plus ou moins le chiffre actuel en Angleterre, que beaucoup voient revenir vers sa moyenne de long terme, c'est à dire 3,7.
Pas de doute qu'il arrivera (qu'il arrive?) la même chose en France (et même à Gentilly!). Grâce à la baisse des prix immobilier probablement mais aussi à l'inflation et, espérons-le, la hausse des niveaux de vie (l'inflation et la hausse des revenus réels à leurs rythmes de croisière peuvent faire baisser le ratio prix-revenu d'environ 4% par an).
Au terme de l'ajustement (disons -30%) la propriété devrait redevenir relativement accessible pour un gros quart des ménages de Gentilly (plus généralement la classe moyenne en région Ile-de-France). Le logement social restera la seule option pour les autres.

Une autre façon de mesurer la surévaluation passe par le calcul de la rentabilité locative. Une fois considérés les charges revenant au propriétaire, les risques de vacance du logement, les frais de maintient en l'état, et les impôts sur les revenus fonciers on arrive, malgré des loyers eux-mêmes très élevés à une rentabilité bien inférieure à celle d'un Livret A (4% nets) qui lui au moins garanti la valeur du capital (pas de risque de moins-value).

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Attention, article intensif en chiffres !

L’INSEE met en ligne des données sur les revenus des ménages et leur répartition. Il s’agit de statistiques pour l’année 2005 mais il est probable que le tableau d’ensemble serait peu différent en 2008.
Je propose d’examiner la situation des ménages gentilléens en comparaison de celles des ménages des autres villes du Val-de-Marne.

Un ménage gentilléen « moyen » disposait en 2005 d’un revenu annuel de 29.080 euros (soit 2423 euros par mois). Ce chiffre place Gentilly en 43ème position sur 47 villes dans le département.
Mais la notion de ménage moyen n’a pas grand sens quand on sait l’importance des inégalités entre ménages (ce que les statistiques ci-dessous vont amplement confirmer). Il est déjà plus pertinent de regarder les revenus du « ménage médian » c'est-à-dire celui qui se situe juste au milieu de la distribution des revenus, 50% des ménages sont plus pauvres que lui, 50% sont plus riches. A cette aune, avec un revenu médian de 23003 euros, Gentilly occupe la 45ème place, devant Ivry-sur-Seine (22826 euros) et au coude-à-coude avec Villeneuve-Saint-Georges (23070 euros). Arcueil est à 25512 euros, le Kremlin-Bicêtre à 27542, L'Haÿ-les-Roses à 32784 euros (revenu le plus élevé du Val-de-Bièvre). Les communes en tête sont des petites communes du sud du département comme Marolles-en-Brie ou Santeny, ainsi que Rungis. Parmi les grandes villes Saint-Mandé (32104 ménages fiscaux) apparaît comme particulièrement favorisée avec un revenu médian de 34916 euros mais surtout un revenu moyen de 54158 euros qui la situe au 3ème rang du Val-de-Marne.
Pour ce qui est des 25% de ménages les plus pauvres (premier quartile) Gentilly se classe dernière ville du département. Ces ménages touchent 14571 euros par an, soit 1214 euros par mois. Si on redescend encore dans l’échelle des revenus on constate que les 10% des ménages aux revenus les plus bas touchent 7545 euros (629 euros par mois). Gentilly devance cette fois deux villes : Ivry-sur-Seine et Alfortville. Fresnes se situe à 13993 euros, Marolles-en-Brie à 21323.
Si à l’inverse on regarde les revenus des plus riches dans chaque ville on constate que Gentilly occupe une place très défavorable, quoi qu’un peu moins mauvaise que dans les comparaisons précédentes. Les 25% de ménages gentilléens les plus favorisés ont des revenus de 37438 euros par an, ce qui les place en quatrième position, en partant du bas, après Ivry-sur-Seine, Villeneuve-Saint-Georges et Valenton. L'Haÿ-les-Roses est à 50840 (17ème) et Saint-Maur à 58745 (14ème). Ces « riches » gentilléens ont en fait des revenus similaires aux ménages « pauvres » (premier quartile) de Marolles-en-Brie, et légèrement supérieur au revenu moyen à L’Hay-les-Roses, Fresnes et Cachan. Quant aux « très riches » si on peut définir ainsi les 10% les plus riches, ils touchent un revenu annuel de 55439 euros à Gentilly (41ème rang). Le seuil des 100.000 euros annuel (8333 euros par mois) est dépassé à Marolles-en-Brie, Santeny et Saint-Mandé. Les « très riches » gentilléens ont à peu près le revenu médian à Marolles-en-Brie ou le revenu moyen de Saint-Mandé.
Les chiffres ci-dessus laissent voir des inégalités très importantes entre les villes mais aussi en leur sein. Quelles villes sont les plus inégalitaires ? Il n’existe pas une façon unique de mesurer ces inégalités, je privilégie ici un indicateur courant qui est le rapport entre les revenus des 10% les plus riches et ceux des 10% les plus pauvres. Selon cet indicateur les inégalités les plus fortes se rencontrent dans les villes très riches et les villes très pauvres. Elles sont les plus fortes à Saint-Mandé avec un rapport de 1 à 9. Viennent ensuite Nogent-sur-Marne puis des villes pauvres comme Ivry-sur-Seine (rapport de 7,4) et… Gentilly (7,35). Dans le Val-de-Bièvre Arcueil se situe au 11ème rang des villes les plus inégalitaires, suivie de Villejuif (17ème), Le KB (19ème), Cachan (20ème), L’Hay-les-Roses (24ème) . Fresnes est, suivant ce critère, la ville la plus égalitaire du Val-de-Marne.
L’INSEE donne également les revenus par Unité de Consommation (UC) c'est-à-dire en tenant compte de la composition des ménages (1 UC pour le premier adulte de chaque ménage, 0,5 pour les autres, 0,3 par enfant ; un ménage composé d’un couple avec deux enfants compte donc pour 1+0,5+0,3+0,3=2,1 UC). Ce type de mesure permet de prendre en compte les écarts de taille entre ménages. Par exemple les ménages de Vincennes ou Saint-Mandé (1,43 et 1,49 UC par ménage) sont de petites tailles, souvent d’une personne, probablement personne âgée seule alors que ceux de Marolles-en-Brie (1,96 UC par ménage) comprennent de nombreuses familles avec enfants. Dans les classements de revenu Marolles-en-Brie est donc retrogadée au profit de Vincennes. Les ménages de Gentilly sont relativement petits (1,55 UC par ménage contre 1,67 en moyenne), particulièrement ceux disposant des revenus les plus haut, ce qui conduit à une remontée de la ville dans les classements : Gentilly occupe entre la 40ème et la 42ème place pour tous les classements, et même la 34ème place pour ce qui est des revenus par UC des 10% des ménages les plus riches.
Le dernier quartile des revenus par UC (les 25% les plus aisés en tenant compte des besoins de consommation liés à la composition des ménages) à Gentilly touchent à peu près les revenus moyens (toujours par UC) dans les villes les plus riches du Val-de-Bièvre : Cachan, Fresnes et L’Hay-les-Roses. Les 10% les plus pauvres n’ont que 4549 euros par an par UC (par exemple 379 euros par mois pour un adulte ou 796 euros par mois pour un couple avec deux enfants).
En termes d’inégalité des revenus par UC, Gentilly « gagne » une place et n’est plus devancée que par deux villes : Ivry-sur-Seine et Alfortville. Le rapport entre les revenus (par UC) des plus riches et des plus pauvres est toutefois quasi-inchangé à 7,3. Fresnes demeure la ville la plus égalitaire du Val-de-Bièvre mais dans le département se situe derrière 11 petites villes résidentielles à dominante pavillonnaires (beaucoup de familles). 

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J'ai répondu à quelques questions de l'Hebdo des socialistes après une audition dans la cadre du forum "Les socialistes et le marché". 
Les questions portaient sur la mondialisation, les délocalisations et les politiques appropriées dans ce cadre.
L'article de l'Hebdo reprend une bonne partie de mes réponses mais pas la totalité. Je vous propose donc en exclusivité sur ce blog le texte complet !


-La croissance de la France et de l'Europe est molle. peut-on raisonnablement imputer cette faiblesse à la montée de pays émergents comme la Chine et l'Inde?
 
Sans hésitation non, on peut à la rigueur imputer aux émergents une part de la montée des inégalités sur le marché du travail (inégalités salariales aux Etats-Unis, précarité accrue pour les moins qualifiés dans un pays comme la France), mais certainement pas la croissance molle.
Les tensions sur les prix des matières premières et de l’énergie peuvent à terme être défavorables aux pays importateurs dont les pays européens, mais rien n’apparaît de tel pour l’instant. [les choses changent vite : on considère que les pays émergents qui pesaient à la baisse sur les prix (des biens manufacturés) jusqu'alors, provoquent des tensions inflationnistes maintenant]
Ce sont aujourd’hui les pays émergents qui portent la croissance mondiale.

-Les délocalisations semblent peser sur la France. Comment lutter contre?
 
Les délocalisations sont une des manifestations du processus permanent de destruction et création d’activités qui est à la base de la croissance économique, processus qu’elles accélèrent. Elles sont souvent très douloureuses quand elles touchent des bassins d’emploi peu diversifiés et peu attractifs pour des activités nouvelles. La puissance publique doit mettre des moyens suffisants pour aider les salariés licenciés dans des secteurs et des régions qui ne leur offrent pas ou peu de possibilités de retour à l’emploi satisfaisantes : aides à la mobilité, compléments de salaires quand le nouvel emploi est moins rémunéré que celui perdu, formations adaptées bien sûr… Les entreprises qui délocalisent (plus généralement qui détruisent des emplois) peuvent être mise à contribution financièrement, de manière à ce qu’elles intègrent dans leurs décisions le coût collectif des licenciements.

-L'Europe devrait-elle mettre des freins aux frontières pour les produits en provenance de pays comme la Chine?

Ces barrières auraient pour conséquence d’augmenter les prix pour les consommateurs européens. La baisse de pouvoir d’achat qui s’ensuivrait conduirait à la réduction des achats y compris de produits européens. Nos produits sont de moins en moins souvent en concurrence directe avec ceux des pays émergents parce que nos entreprises se sont spécialisés, pour chaque produit, dans le haut de gamme (des produits vendus près de trois fois plus chers que leurs équivalent made in china). Dès lors, sauf dans quelque cas d’industries en déclin, on ne peut pas espérer que la hausse des prix des importations chinoises favorise nos industries.

-Plus globalement doit-on vraiment avoir "peur" des pays émergents?

Ils nous imposent d’améliorer sans cesse ce qui fait notre richesse, c'est-à-dire notre capital humain, notre potentiel d’innovation, nos infrastructures publiques.
L’impact de l’émergence s’apparente à l’accélération du progrès technique. C’est un impact positif mais qui fait des perdants, ceux qu’on a laissé au bord du chemin. Les bénéfices retirés collectivement doivent permettre d’aider à absorber les chocs, de compenser les perdants, surtout de les mettre en mesure de profiter d’un monde plus ouvert, qui s’il est plus risqué, offre aussi plus d’opportunités.
Nous devons collaborer avec les pays émergents pour les aider à limiter les impacts négatifs de leur croissance sur l’environnement global (émissions de gaz à effet de serre notamment, qui nous concernent quel que soit leur lieu d’émission sur la planète).
 

-Dans le cadre de la mondialisation et de ces effets négatifs, ne peut-on pas inventer de nouveaux outils de régulation?
 
Certainement. Certains existent de manière embryonnaire : par exemple le Fonds Européen d’ajustement à la Mondialisation qui peut dépenser jusqu’à 500 millions d’euros par an dans les États-membres en faveur de travailleurs touchés par des licenciements liés aux échanges internationaux.
Il nous faut inventer les politiques qui associent ouverture et protection sociale pour matérialiser collectivement les gains de l’échange.
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Voilà plus d’un siècle que la Droite française agite le spectre du désastre économique à chaque fois qu’une diminution du temps de travail est réclamée ou a été votée.

 

Avant 1914 la Confédération Générale du Travail et les mouvements socialistes se battaient

 

pour les 8 heures de travail par jour. L’Union Fédérale des Travailleurs Antirévolutionnaire prônait au contraire « le travail intensif » et dénonçait les 44 heures par semaine  « cause de la vie chère ».

 

La loi promulguant les 8 heures de travail par jour ayant fini par être votée en avril 1919, l’Union des Intérêts Economiques la trouvait économiquement aberrante et injuste pour les cultivateurs !!!

 

Les 40 heures hebdomadaires demandées par la Gauche et les syndicats à partir des années trente, furent mis en place par le Front Populaire en 1936.Encore une fois la Droite n’y voyait qu’une source « d’inflation, de vie chère et de chômage ».

 

En 2007 Sarkozy n’innove donc pas beaucoup en considérant les 35 heures comme une des causes principales des difficultés de l’économie française !!!


 


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L'OCDE calcule pour ses pays membres une mesure de l'écart du Produit Intérieur Brut (PIB) à son niveau potentiel si les facteurs de production (travail et capital) étaient utilisés normalement. Cette statistique est connue sous son nom anglais d'"output gap". Elle permet d'évaluer la qualité du réglage conjoncturelle de l'économie. Dans un précédent article je tentais d'évaluer les performances respectives de la droite et de la gauche en matière de création de richesse (monétaire), telle que mesurée par la croissance du PIB. Avec l'output gap on fait abstraction de la tendance (le PIB potentiel) pour se concentrer sur les fluctuations de court et moyen terme.
 
Le bilan est pareillement défavorable à la droite :
 
- gouvernements Rocard, Cresson puis Beregovoy (1988*-1993) : l'output gap se dégrade de 2,1 points de PIB mais celui de la Zone Euro chute de 3,8 points. Score de la France (le différence) : +1,7
(*: en fait 1989, première année dont je dispose dans les données de l'OCDE)
 
- gouvernements Balladur puis Juppé (1993-1997) : l'ouput gap français continue à se dégrader (-1,3) alors que celui de la Zone Euro s'améliore de 0,7. Score de la France : -0,6
 
- gouvernement Jospin (1997-2002) : amélioration plus forte pour la France (+2,1) que pour la Zone Euro (+1,6). Score de la France : +0,5
 
- gouvernements Raffarin puis de Villepin (2002-2006(*)) : dégradations à peu près identiques pour la France et la Zone Euro, environ -1,3. Score de la France : -0,03
(*: je ne prends pas les données de 2007 qui sont des prévisions, mais le résultat serait inchangé) 
 
En étant indulgent ça donne Gauche 3 - Droite 0 (2 surperformances pour la gauche, un but contre son camp du mentor de Sarko et du "meilleur d'entre nous", un match (très) nul pour finir).
Les pires années pour la droite, et malheureusement pour la France, ont été 1994 et 1995 (Balladur puis Juppé) suivies de... 2006
 
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1. Pas de cotisations et pas d'impôts sur le produit des heures supplémentaires. 
 
            Belle manière de creuser le fossé entre les salariés les plus insérés et protégés et la grande masse de ceux qui craignent pour leur emploi ou en sont privés.
Il faut vraiment ne jamais avoir rencontré ni un patron, ni un salarié pour croire que c’est ce dernier qui décide de son temps de travail. Bien sûr la décision revient au patron.
Avec une baisse massive du coût du travail pour les heures supplémentaires les patrons cesseraient d’embaucher pour imposer des heures sups souvent à des salariés déjà surchargés. Certains, touchant des petits salaires, acculés par des charges de logements trop lourdes, ou bourreaux de travail, seraient évidemment satisfaits. Les plus nombreux n’auraient d’autres choix que d’accepter une charge de travail supplémentaire, parfois au prix de l’équilibre de leur vie familiale.
Par ailleurs cette politique destructrice d’emplois coûterait très cher. Il faudra bien compenser le manque à gagner de cotisations sociales (potentiellement très élevé, car les heures sups concerneront souvent des salariés très bien payés, que les entreprises auront intérêt à « utiliser » au maximum). Qui paierait ? Les français de demain héritier d’un fardeau de la dette toujours plus élevé. A moins qu’il s’agisse pour Sarkozy de préparer, comme avec sa proposition de franchise de remboursement des soins médicaux, l’enterrement de la SECU ?
Les entreprises, en particulier les PME, ont parfois besoin d’heures supplémentaires, pour faire face à une surcharge de travail passagère. Elles doivent pouvoir le faire (par les heures sups de leurs salariés mais aussi par l’interim). Mais en en payant le prix. Quand il s’agit d’augmentation permanente de leur activité, elles doivent être incitées à recruter.
La société de la rupture des solidarités que propose Sarkozy en opposant les travailleurs « qui se lèvent tôt » aux « assistés » (RMIstes, chômeurs, fonctionnaires, etc.) est aussi la société du travail comme « souffrance ». Philippe Askenazy, spécialiste d’économie du travail et auteur d’une livre remarquable sur la montée de la pénibilité du travail) écrit dans son blog :
« En faisant applaudir durant ses meetings les français qui se lèvent tôt, et huer ceux qui ne se lèvent pas tôt (les chômeurs, les salariés avec horaires non décalés) ou les 35 heures, le candidat de l’UMP définit une nouvelle référence des conditions de travail. Les pénibilités sont la norme. Devenues normales, nul besoin de les prendre en compte pour la retraite, nul besoin de chercher à les contenir, bien au contraire. »
 
2. Que tous ceux qui achètent un appartement puissent défiscaliser les intérêts de l'emprunt contracté pour acheter ce bien.
 
Encore une mesure très coûteuse (il en faut pour parvenir au montant vertigineux de dépenses ou de baisses de recette que Sarkozy projette !) qui ne profitera qu’à ceux qui bénéficient d’une stabilité de l’emploi et d’un revenu suffisant pour accéder à le propriété malgré les prix atteint par l’immobilier.
En plus d’être coûteuse et injuste, cette mesure ne ferait qu’alimenter la bulle immobilière et l’endettement des ménages. Elle ne repose sur aucune logique économique.
 
3. Suppression des droits de succession et des donations pour 90 % des Français.
 
L’immense majorité des français ne paient déjà quasiment pas de droits de succession. Il s’agit donc de se priver d’encore quelques milliards de rentrées fiscales pour servir quelques heureux héritiers de parents aisés. Bienvenue dans la France de la rente !
L’impôt sur les successions (à condition que les héritages les plus modestes y échappent, ce qui est déjà le cas) est un impôt juste et efficace (il ne décourage pas l’activité économique mais au contraire favorise la mobilité sociale et le dynamisme). Aux Etats-Unis, il est attaqué par la droite conservatrice et réactionnaire, et défendu par les démocrates et une partie des milieux d’affaires qui ne veulent pas d’une économie de rentiers. Challenges cite l’économiste Christian Saint-Etienne, proche de l’UDF : « l’immense majorité des économistes, même les plus libéraux d’entre eux, sont favorables au maintien d’une taxe sur les successions ».
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