Articles avec #culture tag

Publié le 12 Mars 2007

 
 


A ce jour, le 12 mars 2007, seule Ségolène Royal à répondu au courrier de la FRAAP (fédération  des réseaux et associations d'artistes plasticiens)

La FRAAP s’adresse aux candidat(e)s à l’élection présidentielle

 

 

publié le 14 février 2007

 

 

La fédération des réseaux et associations d’artistes plasticiens a adressé un courrier aux candidat(e)s à l’élection présidentielle : nous publierons leurs réponses.

 

 

La lettre envoyée aux candidat(e)s

 

 

[Madame, Monsieur,]

 

 

Au moment de l’élection présidentielle, nous souhaitons attirer votre attention sur la situation des associations d’artistes, et des artistes plasticiens eux-mêmes, et vous interroger sur la politique culturelle que vous préconisez. Et cela plus particulièrement sur trois points :

 

 

- Nous constatons d’une manière globale une stagnation, si ce n’est une régression, de la politique culturelle nationale en direction des arts plastiques. Nous nous étonnons d’année en année de l’incapacité ou de la crainte du Ministère de la Culture, Délégation aux arts plastiques, d’ouvrir une large réflexion sur la situation des arts plastiques. Aucun bilan de la politique des arts plastiques, menée depuis 25 ans, n’a jamais été effectué et la Délégation aux arts plastiques semble naviguer au gré de ses responsables ou de l’actualité sans qu’aucun fil conducteur de son action ne soit connu ou même énoncé. L’absence constante d’analyses, de consultations et de prises de décisions concertées avec les acteurs de l’art contemporain, que sont les artistes et leurs associations, rend inopérante, si ce n’est incohérente, l’action du Ministère de la Culture. Pour exemple : sur les trois derniers rapports effectués par l’inspection générale de l’administration des affaires culturelles à la suite de nos demandes, deux d’entre eux ne nous ont pas été communiqués et le troisième a été remisé dans un obscur tiroir sans aucune discussion préalable. Ce sont cependant les premiers et seuls outils dont dispose le ministère sur la situation sociale des artistes plasticiens, sur l’évolution de leurs droits d’auteur ou sur les cadres d’intervention nécessaires pour accompagner la professionnalisation de notre secteur.

 

 

Devant cet état de fait, souhaitez-vous que les missions de la Délégation des Arts Plastiques, service administratif du ministère qui a tendance à se transformer en service d’expositions, soient redéfinies ? Si une réorientation urgente de ce service s’avère nécessaire, quelles orientations souhaiteriez-vous impulser à court et à long terme ? Quel type de concertation et de partenariat avec les acteurs de l’art contemporain préconiseriez-vous ?

 

 

- La FRAAP avec son réseau associatif national représente le premier réseau de diffusion des arts plastiques et des lieux de professionnalisation de notre secteur. Cependant la méconnaissance du tissu associatif, de son importance et inversement de sa précarité, par les institutions centrales et/ou déconcentrées met en péril les outils et les compétences que nos associations développent au service des artistes. Nos associations sont confrontées en permanence à des soutiens discontinus et non argumentés, à une absence d’évaluation de leurs actions et à des règles disparates qui ruinent leurs efforts pour préserver ou créer des emplois, alors qu’elles agissent sur un secteur non-marchand et remplissent souvent seules des missions de diffusion de l’art contemporain et de soutien aux artistes sur un grand nombre de territoires urbains, périurbains ou ruraux.

 

 

Quelle politique initierez-vous avec le secteur associatif des arts plastiques ? Engagerez-vous les services de l’Etat à mettre en place, après évaluation des actions sur des critères énoncés et partagés, des conventions pluri-annuelles avec les associations ? Quelles politiques d’aide à l’emploi dans le secteur culturel non-marchand engagerez-vous ?

 

 

- Après des actions de sensibilisation exercées par les associations fédérées à la FRAAP, un certain nombre de collectivités territoriales (Conseils Généraux, Conseils Régionaux) se sont engagé à respecter les droits d’auteurs et plus particulièrement à contribuer au versement du droit de présentation publique dans les lieux de diffusion qu’elles subventionnent.

 

 

Prendrez-vous un engagement clair sur le respect des droits d’auteur des artistes plasticiens, quitte à réviser la dernière loi sur le droit d’auteur ? Demanderez-vous la mise en place de conventions avec tous les lieux de diffusion, qu’ils soient institutionnels ou associatifs, qui fassent dépendre du respect du droit de présentation publique le versement des subventions et corrélativement un abondement des subventions à cet effet ?

 

 

Certains que vous serez sensibles à la situation des artistes plasticiens et de leurs associations, nous souhaitons de votre part des engagements clairs et précis. Notre fédération organise ses rencontres annuelles les 13, 14 et 15 avril prochains à Luçon (Vendée). Ce sera pour nous l’occasion de débattre, avec l’ensemble des responsables associatifs de notre secteur, des réponses que vous apporterez à ce courrier.

 

 

Restant à votre disposition pour vous informer davantage sur la situation des associations d’artistes plasticiens , nous vous remercions par avance et vous prions d’agréer [Madame, Monsieur], l’expression de notre haute considération.

 

 

Pour la FRAAP,
Antoine Perrot, président

 

 

 

 

 

Réponse de Ségolène Royal au courrier de la Fraap aux candidat(e)s à l’élection présidentielle

 

 

publié le 2 mars 2007

 

 

Publication-réponse au courrier de la Fraap aux candidat(e)s à l’élection présidentielle 2007 : réponse de Ségolène Royal, candidate du parti socialiste.

 

 

Ségolène Royal Candidate à l’élection présidentielle

 

 

Paris le 28 février 2007

 

 

Monsieur le Président,

 

 

Je vous remercie vivement de votre courrier du 9 février, dans lequel vous appelez mon attention sur la situation des associations d’artistes et des artistes-plasticiens.

 

 

Permettez-moi d’abord de vous dire que je partage très largement votre constat relatif à l’état de la politique des arts plastiques dans notre pays. Stagnation ou régression, absence de concertation avec les professionnels et les forces vives, lancement d’événements à caractère médiatique qui tentent de donner le change et de cacher une absence flagrante de vision, ce point de vue est aussi le mien, et j’ajoute : de façon générale, illisibilité et affaiblissement de l’action de l’Etat, préjudiciable à la création comme à la relation avec les publics. Cette situation toutefois me paraît non pas tant le fait de la délégation aux Arts Plastiques, que, plus globalement, du ministère de la Culture lui-même, car un constat similaire peut être fait dans l’ensemble des champs de la vie artistique.

 

 

La politique culturelle de notre pays doit être profondément revisitée et relancée. Dans le domaine des arts plastiques, l’Etat a su mettre en place dans les années 80 une action globale et cohérente, avec des moyens financiers accrus et des initiatives nouvelles telles que les FRAC, les centres d’art contemporain, la commande publique, l’ouverture à des disciplines nouvelles (photo, design, bande dessinée)... Il faut s’en inspirer pour faire à présent un état des lieux exhaustif, prendre en compte les avancées réalisées comme les difficultés enregistrées et définir de nouvelles orientations.

 

 

La défense de la liberté d’expression, le soutien de l’émergence artistique et de la diversité des pratiques, l’encouragement de la création, la place de nos artistes sur le marché au niveau national et international, l’indispensable développement de l’éducation artistique et culturelle, le souci constant de rapprocher l’art contemporain de ses publics, tels sont les grands principes qui doivent à mon sens guider l’action des pouvoirs publics. Je n’oublie pas non plus la situation sociale des artistes plasticiens qui vivent, encore trop souvent, dans la précarité. Une large concertation devra être menée à cet effet avec les collectivités territoriales, aujourd’hui principaux financeurs de la vie culturelle, ainsi qu’avec les réseaux et les institutions de l’art contemporain, les artistes et l’ensemble des organisations professionnelles et associatives du secteur.

 

 

S’agissant du secteur associatif des arts plastiques, il m’apparaît que l’Etat ne lui a pas reconnu sa juste place et n’a pas su nouer avec lui les liens nécessaires, alors même que celui-ci peut constituer un support décisif de soutien à la création, d’élargissement de la diffusion et de proximité avec les publics. Trop d’artistes et d’associations ont aujourd’hui le sentiment d’être abandonnés ou ignorés. Une politique plus ouverte et plus diversifiée doit donc être initiée, qui tient compte des mutations du paysage institutionnel et de la multiplicité croissante des acteurs et des lieux. Il appartiendra à un ministère de la Culture renouvelé dans ses objectifs et ses moyens de définir les modalités appropriées de concertation, de coopération et d’aide, y compris conventionnelles.

 

 

S’agissant des droits d’auteur, ils doivent être évidemment respectés, dans le domaine des arts plastiques comme dans les autres. Le droit de présentation publique dans les lieux de diffusion doit à ce titre faire l’objet d’une démarche concertée : son principe est recevable, son application, articulant le double souci de rémunération de la création et de diffusion la plus large auprès des publics, gagne à être discutée et négociée entre les ayants droit, les collectivités territoriales et les responsables des lieux, afin d’aboutir à des dispositions conventionnelles conclues avec l’aval de l’Etat.

 

 

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma haute considération,

 

 

Ségolène Royal

 

 

 

 

 

Voir les commentaires

Rédigé par FredH

Publié dans #Culture

Repost 0